Et si les trottinettes détrônaient les bicyclettes

De récentes publicités vantaient les mérites de trottinettes spécifiques  pouvant évoluer sur la neige. L’engouement pour ces engins est tel actuellement qu’effectivement toutes ses formes d’utilisation sont recherchées. Il  n ‘y a pour l’instant que dans les airs et sur l’eau que l’on ne trouve pas de modèle adapté.

Sans revenir aux machines diverses utilisées dans le film « Le petit baigneur » , il est un fait souligné par les spécialistes que la trottinette est en train de prendre le pas sur les bicyclettes et en particulier sur Vélib’. En effet les vélos partagés en « free floating » qui avaient inondé la capitale en pleine débâcle de Vélib’ quittent la capitale. Les opérateurs qui avaient fondé de grands espoirs sur ce marché  se sont heurtés à la concurrence,  à la remise sur pied de Vélib’ et surtout à l’arrivée en masse des trottinettes. C’est ainsi que l’entreprise chinoise Ofo songerait à partir quand Obike une société singapourienne et Gobee de Hong Kong ont déjà abandonné Paris. Seule une autre société chinoise, Mobike, semble vouloir rester mais elle rechercherait un repreneur pour son activité en Europe. La forte concurrence pour dominer le marché parisien à laquelle s’ajoute le vandalisme à l’égard des matériels  ont découragé ces nouveaux entrants.

Mais c’était sans compter sur l’arrivée en force des Lime et Bird, deux entreprises spécialisées dans la location de trottinettes dont le succès parisien serait phénoménal.  6 millions de courses opérées par des dizaines de milliers de personnes ont été recensées en 6 mois! Il n’est pas étonnant de rencontrer en nombre des utilisateurs sur les trottoirs en particulier mais aussi des trottinettes abandonnées n’importe où et n’importe comment  gênant le cheminement des piétons.   Curieusement les trottinettes sont moins vandalisées que les vélos car elles sont enlevées  chaque soir pour être rechargées.  En revanche le prix de la course est bien plus élevée que celui d’une bicyclettes (respectivement 4 € les 20 mn contre 1€ pour le vélo), ce qui rend le modèle économique plus viable voire déjà bénéficiaire pour les opérateurs.  Plus inquiétant est le développement exponentiel de cette activité car d’autres acteurs sont annoncés, il est question de Scoot, Bolt et Dott notamment  alors que l’anarchie règne quant à l’utilisation de toutes ces patinettes.  Trottoirs encombrés , trottoirs servant de voie de circulation, piétons devant faire attention tant le danger est grand face à l’inconscience  et à la désinvolture des « conducteurs » qui devraient circuler sur la chaussée.

Il  devient urgent que les élus soient plus sourcilleux à l’égard de l’évolution de ce marché, vis à vis des pratiques des utilisateurs qui ne respectent pas la réglementation et des piétons qui se sentent de moins en moins en sécurité sur le trottoir souvent situé en zone 30 comme  dans les arrondissements du centre de Paris. Ils ne comprennent plus ce qui se passe et quels sont leurs droits lorsqu’ils se déplacent à pied.  La mairie de Paris semble avoir pris conscience de ce problème de sécurité et a annoncé il y a peu différentes mesures, une campagne de communication sur le port obligatoire du casque, sur le respect des piétons et du code de la route, l’enlèvement des engins mal stationnés (des emplacements spécifiques seront créés), une charte devra être signée par tous les opérateurs.

Tout ceci semble sur la bonne voie mais sera à vérifier dans les faits.

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