Faut-il craindre un effondrement des prix de l’immobilier?

Depuis quelques semaines les articles de presse et les commentaires affluent dans le sillage de la publication en octobre du diagnostic du Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) sur les  risques liés à « l’euphorie immobilière ».

Le HCSF qui compte parmi notamment parmi ses membres le Ministre des Finances, le Gouverneur de la Banque de France et le Directeur du Trésor concluait ses travaux en annonçant qu’il allait  « étudier les modalités d’actions pertinentes et proportionnées pour contenir ces risques ». Le HCSF s’inquiète en effet de « l’endettement croissant des ménages, couplé à une dégradation de la solvabilité des emprunteurs, étant donné la hausse de la part de leur revenu consacré au remboursement de l’emprunt ». 

Que faut-il comprendre par tous ces termes techniques mentionnés plus haut ? En fait, les autorités financières craignent l’apparition d’une bulle financière qui, en cas d’éclatement subit, c’est-à-dire d’effondrement des prix et par là-même du marché de l’immobilier, verrait les emprunteurs, c’est-à-dire essentiellement les particuliers ne plus pouvoir rembourser leur crédit. Quant aux prêteurs, c’est-à-dire les banques, elles accumuleraient aussitôt des contentieux donc des pertes. Une sorte d’engrenage infernal bien difficile à contrôler. Ainsi le montant des prêts à rembourser serait supérieur à la valeur des biens en garantie, les biens seraient vendus à vil prix par les créanciers, les emprunteurs devant alors rembourser la totalité du solde de leur prêt et concomitamment des situations de précarité se développeraient etc… Ce risque serait aggravé par deux phénomènes. L’endettement des particuliers est aujourd’hui élevé et court sur une longue période (20 ans le plus souvent)  et les marges de manœuvre sont très réduites pour les banques compte tenu des taux bas que l’on connait sur les encours élevés des crédits immobiliers qu’elles portent . . .  Les autorités de contrôle des banques estiment que celles-ci sont de ce fait fragilisées. Même les autorités européennes s’inquiètent de cette surchauffe tant pour les banques que pour les emprunteurs.

Le HCSF peut aussi imposer de nouvelles règles aux banques qui pourront être amenées à accorder un moindre volume de prêts…Une sorte de rythme infernal dont il est toujours difficile de sortir indemne, autant du côté du prêteur que de l’emprunteur. Certes pour l’instant la situation est sous contrôle mais la montée inexorable des prix de l’immobilier, à Paris en particulier et dans les grandes métropoles peut à tout moment créer une situation de rupture. C’est ce que veulent éviter à tout prix les pouvoirs publics échaudés par plusieurs crises, celle de immobilier citée plus haut et celle plus vaste encore de 2008 dont nous nous remettons à peine.

Pour l’instant il ne faut pas s’alarmer mais la hausse constante du prix de l’immobilier que nous vivons pour des raisons  multiples et que nous avons déjà évoquées, ne peut pas durer à l’infini. il y aura bien, tôt ou tard, un plafond défini par les lois du marché, sauf si entre temps une lame de fonds venue de l’extérieur  provoque l’effondrement de ce marché.Un scénario dont l’éventualité ne peut pas être écartée !

 

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