La collection des Mays de Notre-Dame

Alors que vendredi dernier en tout petit comité, après le sinistre incendie de Notre-Dame il y a a peine un an et en pleine crise du Covid 19, a pu se dérouler à l’intérieur même de Notre-Dame la vénération de  la Sainte Couronne d’Epines. nous sommes toujours fiers et admiratifs du courage des pompiers qui ont sauvé l’illustre édifice et ses trésors dont la célèbre couronne ramenée par Saint-Louis. Le récent reportage diffusé sur TMC le 07 avril a fait la genèse de ce 15 avril 2019 où la cathédrale flambait et montré la chance que nous avons eu de pouvoir mettre à l’abri toutes les œuvres exposées. Parmi elles les plus imposantes par leur taille qui ont pu être évacuées au Louvre sans avoir souffert figurent les fameux « Mays », ces tableaux qui étaient offerts chaque année en offrande à Notre-Dame par la corporation des orfèvres.

Ces offrandes symbolisées depuis le milieu du XVe siècle par un arbre décoré de rubans et installé devant le maître-autel en signe de dévotion à Marie vont  progressivement évoluer.  Les premières offrandes seront appelées les petits Mays, nom emprunté au mois de mai durant lequel ils sont offerts et qui est consacré à Marie. Puis avec la Renaissance, les peintures prennent un format beaucoup plus important en évoquant des épisodes de l’Ancien Testament puis en s’inspirant des actes des apôtres. Ainsi au XVIIème siècle, des peintures immenses (3,50 M sur 2,75 m) sont accrochées dans les églises (rappelons nous l’exposition 2012-2013 du musée Carnavalet intitulée « Les couleurs du Ciel  » qui justement magnifiait la peinture religieuse alors à son, apogée en France et les artistes de cette époque).  Afin de satisfaire les chanoines de Notre-Dame, les projets des peintres leur sont soumis avant des la corporation des Orfèvres ne passe la commande définitive. Ils étaient accrochés aux piliers de la nef centrale, mais au fil des années la collection grandit et les toiles sont aussi placées dans les chapelles, le chœur…  Les plus grands peintres sont sollicités, le plus souvent membres de l’académie royale de peinture et de sculpture, donnant une certaine notoriété aux débutants retenus sélectionnés par concours. Des copies des œuvres les plus réussies sont même commandées aux auteurs des toiles.

A la suite de problèmes financiers la corporation des orfèvres doit malheureusement abandonner en 1708  cette tradition. Au total  73 « Mays » (sauf en 1683 et 1684) auront dont été offerts Notre-Dame. Ils seront saisis en tant que biens ecclésiastiques lors de la Révolution mais seulement 52 seront répertoriés au musée Petits-Augustins ou au Louvre, les autres ont disparu ?

Lors des travaux de rénovation de Notre-Dame au XIXème siècle, Viollet-le-Duc, ne voulant pas surcharger la cathédrale, ne retient que 13 de ces œuvres pour la décoration de l’édifice (parmi elles « Le  Martyre de saint André » et « La lapidation de saint-Etienne » de Charles Le Brun datés de 1647 et 1651) et les fait disposer dans des chapelles (7 étaient présentés lors de l’incendie). Le reste de la collection est dispersée dans d’autres églises à Paris, Versailles, Toulouse,  au Louvre (Le Sueur, Saint Paul à Éphèse, 1649) et dans différents musées de province (Clermont-Ferrand, Toulouse Marseille, Rouen) surtout le musée des Beaux Arts d’Arras qui en possède 11 [dont ceux de Michel I Corneille (Saint Paul et saint Barnabé à Lystre, 1644], de Michel II Corneille (La Vocation de saint Pierre et de saint André, 1672) et que l’on peut admirer dans une salle qui leur est spécialement dédiée (photo ci-dessus).

Sources diverses :  dont Le Larousse, Wikipedia, la Voix du Nord.

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