La Conciergerie, symbole du Paris médiéval

La Conciergerie est en fait l’ancien Palais de la Cité, ancien palais de rois de France fondé au Xe siècle, symbole de l’Ile de la Cité. Caractéristique du XIVe siècle et étendu sur le palais de justice et la Sainte Chapelle que l’on doit à Saint-Louis, ce lieu de pouvoir a gardé son allure de château fort. En effet les imposantes tours défensives très bien conservées qui bordent la Seine, notamment la tour d’Argent (où se trouvait le trésor royal) et la tour César édifiée sur des fondations romaines, ont été érigées à la demande de Philippe le Bel en 1313.

En 1370, Charles V délaissa ce palais au profit de l’Hôtel Saint-Pol pour en faire la demeure royale. C’est à cette époque que la Conciergerie devint une prison d’Etat. Néanmoins toute l’administration du roi resta sur place, le parlement, la chambre des comptes et la chancellerie.  Le concierge, sorte d’intendant du roi, dispose alors d’un pouvoir considérable. Quant à la prison où se trouvaient 1 000 cellules exiguës, elle abrita nombre de personnages illustres, en particulier pendant la Révolution.

Durant cette période plus de 2 700 personnes furent condamnées à mort, ce qui contribua durant fort longtemps à la mauvaise image du lieu.  La cellule de Marie-Antoinette a été reconstituée, elle est très visitée. Le futur Napoléon III, et le maréchal Ney y furent aussi incarcérés.

L’ ensemble ne devint monument national et perdit sa destination de prison qu’en 1914, date à laquelle il fut ouvert au public.

Parmi les fiertés du lieu se trouve la tour carrée de l’Horloge. Splendide, avec ses 47 m de haut et ses murs épais d’1 m, elle supporte la plus ancienne horloge publique de Paris réalisée par un lorrain Henni de Vic.  Le cadran solaire date de 1585, il est l’œuvre de Germain Pilon avec des décors en l’honneur de Henri III.

La quatrième tour, la plus ancienne, est appelée Bon Bec, construite sous le règne de Saint-Louis, elle abritait la salle de torture…

Ce sont surtout les salles gothiques qui sont les plus impressionnantes… Elles ont gardé leur caractère moyenâgeux. La plus grande est précédée d’une salle servant d’antichambre. Avec ses 64 m de longueur, 27,5 m de large et 8,5 m de hauteur, la Grand-salle où le roi tenait son lit de justice et présidait les banquets et les réceptions.  Elle servait le plus souvent de réfectoire au personnel (2 000 personnes). Un fragment de la fameuse table de marbre noir du roi y est encore visible.

Installées au sous-sol dans une salle carrée de 235 m2, les cuisines des communs, restaurées en 2016, disposent de 4 cheminées d’angle monumentales, de superbes voûtes en croisée d’ogives et de menuiseries peintes couleur rouge sang de bœuf. La cuisine du roi était installée au 1er étage à l’emplacement de la salle des pas perdus du palais de justice.

Le site est géré par le centre des monuments historiques et reçoit 450 000 visiteurs par an. Le parcours révolutionnaire qui comporte la chapelle expiatoire, bénéficie d’un dépôt de tableaux et d’objets prêtés par le musée Carnavalet.

 

 

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