La frénésie des tags ne s’émousse pas 

La Petite ceinture est hélas complètement défigurée par les tags de tous poils qui remplissent les murs soutenant les talus et les différents ouvrages de cette ancienne voie ferrée désaffectée. Il n’y a plus aucune surface de libre, tout l’espace est couvert, comme si un vent de folie de barbouilleurs s’était abattu sur le site pourtant interdit d’accès. Un véritable carnage ! Pourtant les organisateurs d’une fête  sur ce lieu n’ont rien trouver de mieux, parmi les animations pour les enfants, que de leur faire découvrir les tags au travers d’un jeu de piste ! 

Périodiquement nous revenons sur cette question des tags et des graffitis. La mairie utilise les services de prestataires pour essayer autant que faire se peut de les éradiquer mais n’en vient pas à bout tant ils sont nombreux et continuent à se multiplier. Aucun lieu n’est épargné, immeubles, cheminées, mobilier urbain, rames de métro, panneaux de signalisation, boîtes aux lettres de la Poste, trottoirs, ponts, berges … même les catacombes en sont maculées. Plus les endroits sont interdits d’accès et plus ils sont tagués ! La frénésie est totale.

Paris n’est pas la seule ville concernée. De guerre lasse ou pour s’attirer les faveurs des adeptes de cette « forme d’art », on constate que finalement les autorités leur emboîtent le pas. Bien des édiles préfèrent, depuis longtemps déjà, promouvoir cette « nouvelle forme d‘expression », souvent pratiquée de manière sauvage sans discernement en meurtrissant un mur ancien ou une façade fraîchement refaite, quitte à annihiler le travail des artisans qui se sont donné beaucoup de mal pour les remettre dans leur état d’origine… Mais voilà, il ne faut surtout pas apparaître comme étant à contre-courant des tendances du moment…

Aussi ce safari des tags que nous mentionnions sur la Petite ceinture n’est pas une très bonne idée. En banalisant ce sujet, en s’en servant comme d’un jeu, on va laisser croire aux enfants que toutes ces inscriptions, là où elles sont apposées, sont dans la normalité et que c’est une forme d’expression qu’il faut encourager, un art à part entière.

Sur ce plan nous ne sommes pas d’accord et nous réaffirmons que si certaines personnes éprouvent le besoin de s’exprimer de cette manière, elles doivent le faire dans des endroits appropriés et réservés à cet effet, dans le respect en évitant de pratiquer leur « loisir » à la sauvage. Une communication spécifique autour d’un encadrement organisé avec des règles adaptées est à prévoir par les élus.  Bien entendu nous ne sommes pas naïfs, un telle partie est difficile et il faudra en parallèle une réactivité irréprochable pour enlever les tags sauvages.

Il est devenu de plus en plus  intolérable de découvrir son immeuble, sa vitrine, les murs de bâtiments classés et des monuments souillés de la sorte, amplifiant l’impression de saleté qui règne dans nos quartiers. Il faut aussi, dans la même veine, faire preuve de discernement lorsqu’est passée une commande officielle de fresque, à la fois mi peinture-mi tag. Celle récente qui recouvre les murs et le trottoir de l’immeuble à l’angle des rues Michel le Comte et du Temple est-elle bien à sa place en cet endroit ? Est-elle dans le goût et l’esprit du centre historique du Marais ? Nous ne sommes pas convaincus. Nous le sommes un peu plus sur les portraits de personnages célèbres qui recouvrent quelques boîtes électriques dans le IVe, mais cela ne constitue-t-il pas une incitation supplémentaire pour ceux qui s’ingénient à barbouiller et abîmer les murs ? 

 

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