La multiplication des boutiques éphémères

Le commerce souffre, c’est devenu en ces temps incertains une tautologie de l’affirmer.  La presse nous inonde d’informations plus ou moins alarmistes sur la santé chancelante de secteurs entiers de l’économie tels la grande distribution qui doit se réinventer, concurrencée par le ventes sur internet et les nouveaux usages des consommateurs.

Dans nos quartiers il n’est pas rare et c’est un phénomène assez récent de remarquer que des magasins de proximité ont du mal à trouver repreneur et restent fermés plusieurs mois avant d’être loués à nouveau souvent pour une activité différente de la précédente. Hausse exponentielle des loyers, changement de génération et évolution des habitudes de consommation expliquent en partie cette mutation. Ainsi le haut de la rue Beaubourg par exemple voit fleurir nombre de petits restaurants asiatiques en lieu et place des traditionnels grossistes qui ont disparu ou ont rejoint la banlieue nord où ils se concentrent dorénavant, délaissant aussi le Sentier. Changement qui n’est pas sans influence sur notre quotidien car les terrasses se multiplient et empiètent sur les trottoirs sans que soient toujours demandées les autorisations pourtant nécessaires. La Direction de l’Urbanisme et la DSP feraient bien de se pencher sur ce phénomène.

Autre évolution significative destinée à rentabiliser les fonds de commerce inoccupés, la prolifération marquée (dans le Marais en particulier), des boutiques éphémères (appelées aussi Pop-Up Store, Concept store, voire Show rooms). Les motifs de l’utilisation de ces installations sont variés. Il peut s’agir de tester une marque, de lancer une ligne de vêtements spécifique en organisant sa rareté… Le commerçant peut aussi souhaiter réduire au maximum ses frais fixes en ne louant un magasin qu’au moment des fêtes par exemple ou lors d’autres événements.

Pour les propriétaires de ces espaces, cette solution est un moyen de réduire le manque à gagner de leur bien vacant dans l’attente d’un locataire pérenne. On peut à ce propos se poser la question de savoir si certaines de ces implantations bien situées ne risquent pas de devenir de espaces dédiés à l’éphémère…? Une sorte de location saisonnière avant la lettre mais spécifique aux boutiques.

Pour les riverains en revanche ces espaces ne sont pas idoines pour leur qualité de vie. De longues files de dizaines de mètres d’acheteurs bruyants monopolisent et accaparent l’espace public. Il arrive qu’un soi-disant service d’ordre privé soit utilisé pour régulariser en toute illégalité le flot des clients s’en prenant aux passants si besoin qui perturberaient leur travail. Les ventes lancées sur internet aux aficionados de certaines marques qui viennent envahir les trottoirs et des rues entières telles les rues Barbette (Supreme) ou des Hospitalières Saint-Gervais (Nike) laissent à chaque fois un goût amer aux habitants contraints de supporter les conséquences de ces pratiques. Les autorités interviennent mollement, ce qui favorise le phénomène. Aussi les rues Saint-Martin, Charlot, Saint-Claude, des Rosiers, Debelleyme, de Turenne, des Archives, Beaubourg et Béranger pour ne citer quelles sont-elles particulièrement impactées.

Nous craignons, sans régulation appropriée, que cette méthode de vente s’étende de plus en plus au grand dam des Parisiens impactés des journées durant.

 

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