La place des Victoires a conservé tout son classicisme originel

 

 

La place des Victoires comme son nom l’indique a été aménagée sous le règne de Louis XIV à l’emplacement de l’hôtel de la Ferté Senneterre. L’idée émane du maréchal de La Feuillade qui s’est illustré dans la guerre de Hollande ayant abouti au traité de Nimégues en 1678 et qui souhaitait que soit érigée une statue en l’honneur du roi. Louvois est alors Surintendant des bâtiments .La réalisation de la sculpture en bronze aux frais du maréchal est confiée à Martin Desjardins, de son vrai nom Van den Bogaert, (1637-1694) qui réalisa le buste de Colbert exposé au Louvre. Pour cette statue il fallait un écrin et c’est Jules Hardouin-Mansart qui fut chargé de la création de la place. Le plan que choisit l’architecte est un plan circulaire, la première de cette forme d’une construction classique, les propriétaires étant tenus de respecter un plan très strict d’édification d’hôtels, quasi normés, aux façades symétriques devant comporter des arcades pleines (39 au total) avec deux étages ornés de pilastres ioniques. L’inauguration a eu lieu en 1686, La cérémonie fut grandiose, le dauphin représentait le roi. Les immeubles furent pour la plupart réalisés ou achevés ultérieurement. l’intérêt de cette place est qu’elle en annonce d’autres du même type à Paris (place Vendôme) et en province (Reims, Dijon, Nancy, Bordeaux…).

La statue actuelle n’est pas celle d’origine où le roi était vêtu du costume de sacre foulant au pied un cerbère, une victoire flottait au-dessus de sa tête tenant une couronne de lauriers et des palmes Aux 4 coins, 4 captifs assis représentaient les pays vaincus et entre chacun se trouvaient des bas-reliefs avec des scènes relatifs à cette guerre. Ils sont exposés au Louvre .4 fanaux éclairaient la statue. Sur chacun d’eux avaient été placés des médaillons sculptés par Jean Arnoult racontant la vie du roi. L’éclairage disparut en 1699 et les fanaux aussi quelques années après. Lors de la Révolution la statue comme beaucoup d’autres fut fondue pour fabriquer des canons. Une pyramide de bois la remplaça sur laquelle figuraient les noms des victimes de la journée du 10 août 1792.

La statue inaugurée en 1822 qui orne aujourd’hui la place a été commandée par Louis XVIII à Claude Dejoux (1768-1845) qui travailla à l’aménagement de la place Vendôme. Elle se substitua au monument grandiose élevé à la gloire du général Dessaix sous l’empire. Louis XIV est représenté en héros grec sur un piédestal chevauchant un animal cabré mais souffrant d’une anomalie, la queue de l’animal scellée au socle sert en effet de point d’appui ! .

Au fil des années, en particulier au XIXe siècle, la place a été quelque peu altérée, des immeubles ont été surélevés et de nouvelles rues apparaissent, la rue des Fossés-Montmartre, la rue Croix-des-Petits-Champs puis la rue Étienne Marcel.

 

Sources:  articles de presse et « Place des Victoires Histoire, architecture, société » par Isabelle Dubois, Alexandre Gady et Hendrik Ziegler (éd.)

 

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