La reliure dans tous ses états

« L’atelier du Libraire »appelée aussi « Reliure Boichot » est présente depuis plus de 15 ans au 7 bis rue Rameau non loin du site Richelieu de la Bibliothèque nationale dans la rue du même nom au centre du 2e arrondissement.

L’atelier tenu par Amandine et Thomas Boichot, tous deux, artisans du patrimoine, entourés de doreurs, marbreurs et papetiers, offre une palette étendue de son savoir qui touche la restauration de documents, de livres anciens avec une gamme de reliures très vaste s’adaptant à tout type d’ouvrages. Le savoir-faire couvre les ouvrages du XVIe siècle comme ceux plus récents du XIXe. Les animateurs tiennent en particulier à respecter la tradition avec de matériaux qu’utilisaient leurs aînés, c’est ainsi que sont toujours fabriqués des boîtes ou des étuis chemises. 

La publicité est d’ailleurs explicite à ce point de vue, « De la reliure classique en chagrin ou maroquin, au simple bradel élégant en percaline ou papier, nous nous adaptons aux contraintes de votre livre et à vos goûts. »

L’Atelier s’enorgueillit aussi de réaliser des reliures pastiches en remplacement des ouvrages d’une série qui seraient manquants. La reliure de luxe dite de création est utilisée pour les ouvrages tirés à peu d’exemplaires et sur de très beaux papiers.

La reliure est un art compliqué qui comprend 3 phases principales regroupant chacune différentes opérations, la plaçure (débrochage, nettoyage ,réparations, montage des couvertures, ébarbage, mise ne presse…), le corps d’ouvrage (grecquage,couture, encollage, rognage…) et la couverture (couvrir en cuir ou en toile, presse, finissage…). Une longue formation est nécessaire pour devenir un bon relieur, l’école Estienne (appelée Ecole Supérieure des Arts et industries Graphiques) qui dépend de la Ville de Paris, située non loin de la Butte aux Cailles dans le 13e, forme chaque année des élèves à l’art du livre. Une reliure peut être confectionnée en toile chagrin, maroquin, veau ou parchemin, demi-reliure, à coins, à bandes pleine peau. Les dos en cuir peuvent être longs (modernes) ou à nerfs (anciens). Quant aux papiers marbrés et à la colle si caractéristiques pour orner plats et gardes, il arrive qu’ils soient réalisés sur place dans les ateliers de reliure eux-mêmes.  Les matériaux employés doivent respecter les normes de conservation, être neutres et réversibles. Pour réaliser ces travaux, les outils spécifiques vont de la presse aux plioirs et fers à dorer en passant par les couteaux, pinceaux, fûts à rogner et autres brunissoirs et compas.  

La reliure permet tous les styles, toutes les fantaisies , elle se contemple. elle « …consiste à protéger, à conserver les livres en les embellissant et en facilitant leur consultation« . Elle redonne une nouvelle vie aux livres ayant subi les assauts du temps et participe surtout à la conservation du patrimoine.

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