La Seine, du Pont Alexandre à Bercy en bateau en 1909

Dans le Journal de l’Université des « Annales » n° 24  daté du 10 novembre 1909, des « conférences-promenades » décrivent une excursion intitulée « La Seine du Pont Alexandre à Bercy en bateau »  où sont évoqués avec force commentaires, les différents monuments et sites. Nous nous sommes tenus à reprendre seulement les sujets relatifs à nos quartiers.

D’abord, côté Rive gauche de la Seine sont passés en revue  la gare d’Orléans et le Palais d’Orsay (« sur l’emplacement de  l’ancienne Cour de Comptes brûlée en 1871; longtemps ruines calcinées envahies par une extraordinaire forêt vierge « ). Puis il est question des quais Voltaire et Malaquais avant d’arriver à la Pointe de la Cité et au Pont Neuf où sont mentionnés  « … le canon d’alarme sous la Révolution… la maison de Madame Roland, les petits exposants de la place Dauphine  et l’ancienne préfecture de police« . Passant  ensuite devant la Conciergerie et le Palais de Justice, il est question de « la chambre de torture, du cachot de Ravaillac  et de celui de Marie-Antoinette, de la Grand’Chambre, du procès de Danton, de la terrasse de Fouquier-Tainville et des Poivrières« . Pour le Tribunal de commerce, l’Hôtel Dieu, la place du Marché aux fleurs, la rue de la Cité, à propos de laquelle  sont évoqués « l’église  Saint-Barthélemy (elle longeait le boulevard du palais et a été détruite à la Révolution), le théâtre de la Cité qui remplaça avec deux passages couverts l’église), le bal du Prado (bal masqué étudiants qui se tenait en hiver dans le Théâtre de la Cité), l’église Saint-Denis de la Châtre (démolie en 1810 à l’angle du quai de la Corse et de la rue d’Arcole). Curieusement arrivé au niveau de Notre-Dame, sont cités « la motte aux papelards (c’est-à-dire le nom qu’avait le  square de l’Île de France au XIVe siècle du fait de la présence importante de gravas et détritus entreposés), le temple païen sous le maître’autel et la déesse Raison. »

 

Concernant  la Rive droite longeant le jardin de Tuileries, les commentaires s’attachent à citer « le concert qui s’y est tenu durant la Commune (manifestation au profit des veuves et orphelines des tués de la Commune) et le grand ballon captif à vapeur (construit par l’ingénieur Henri Giffard, il fut une des attractions de  l’exposition de Paris de 1878 qui emmenait dans les airs les Parisiens et fut détruit par une tempêtes en 1879). Face au Palais du Louvre, il est question de l’Atelier de David ( l’artiste résidant au Louvre aménagea un atelier réservé à l’enseignement qui était surnommé par ses élèves l’atelier des Horaces), du jardin de l’Infante (ce jardin doit son nom à l’éphémère fiancée espagnole de Louis XV), des morts de 1830 (en référence au célèbre tableau de Delacroix La Liberté guidant le peuple devenu la pièce maîtresse  du Louvre-Lens), du jardin du plombier du Louvre (un ouvrier du musés qui s’était constitué un jardin sir le toit de établissement) et de Saint-Germain l’Auxerrois. Si la place du Châtelet  rappelle au narrateur la Vallée de misère  (nom donné au lieu qui était la continuité de la rue éponyme où les bouchers avaient autrefois leurs étals sur le quai de la mégisserie où étaient égorgés les animaux) et le Veau qui tette (du nom de célèbre restaurant qui se trouvait sur la place), il mentionne le 9 Thermidor an II (le jour où en cet endroit a été perpétré l’attentat contre Robespierre), Juillet 1830 et la Commune lorsque la promenade passe devant l’Hôtel de Ville. Enfin les magnifiques Hôtels particuliers de l’île Saint-Louis sont cités un à un mais aussi l’arrivée de Bonaparte , le Club des fumeurs d’opium, le monument du sculpteur Barye (dans le square dédié à l’artiste les deux sculptures en bronze ont disparu pour être fondues sous l’occupation) et  l’atelier du peintre Daumier (9 quai d’Anjou).

Cette lecture nous plonge, en raccourci, sur certains événements et certains monuments disparus du nouvel arrondissement du centre de Paris qui sont aujourd’hui sortis de nos mémoires.

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