Le centre de Paris fermé le dimanche : la fausse bonne nouvelle

Avec ses formules ressassées, la mairie de Paris annonce sur son site Paris.fr la décision qui a été prise de fermer à la circulation les 4 premiers arrondissements.

« Pour un Paris plus apaisé et respirable, le centre de la capitale sera dédié un dimanche par mois aux piétons, aux circulations douces et aux transports collectifs. Cette mesure entrera en vigueur le 7 octobre » écrit-elle.

Si en apparence cette mesure apparaît comme bonne, nous doutons que ses effets induits aient fait l’objet d’analyses aussi sérieuses que prétendues, alors qu’elles seraient nécessaires, surtout si l’objectif de cette fermeture devenait permanent et non plus durant un dimanche pas mois !

Limiter le nombre de véhicules est souhaitable, rendre tout piéton l’est sans doute un peu moins.

Tout d’abord c’est méconnaître le fait que Paris n’est pas une ville isolée mais qu’elle s’insère dans une métropole qu’on le veuille ou non. Avoir fermé les quais de façon si autoritaire en ignorant, voire en bravant les déplacements des habitants d’Ile de France, a provoqué d’innombrables remous et le chapitre n’est pas près d’être clos. Les entreprises, les administrations, les artisans, les professions libérales …en paient tous les jours les effets (retards, rendez-vous annulés ou reportés …) alors que les quais sont déserts, que la circulation et la pollution se sont reportées sur les quais hauts ou sur d’autres voies. De nombreux chiffres officiels tendent à prouver la réussite de cette décision mais ils ne sont ni suffisamment étayés, ni exempts de critiques donc contestables.

Transformer des quartiers en zone piétonne est un non-sens alors que demain toutes les voitures seront propres. Ne met-on pas la charrue avant les bœufs ? Les études le démontrent toutes, même si Paris a ses particularités propres, la piétonisation transforme une rue. Elle perd tous ses commerces de bouche au profit des boutiques de mode et des bars. Tous les riverains habitant dans des rues devenues piétonnes, que ce soit à Paris ou en province dénoncent les nuisances dues à l’augmentation du bruit y compris le soir voire la nuit, notamment s’il existe des bars–restaurants à proximité qui en profitent pour étendre leur terrasse sur les trottoirs et la chaussée…

Quant à emprunter les transports en commun, encore faut-il qu’ils soient en nombre suffisant et que les usagers ne soient pas confinés dans des véhicules bondés et pris dans des embouteillages. Ces derniers étant liés au report de la circulation vers les zones périphériques où il est encore possible de rouler. Mais alors pour trouver une place de stationnement sur ces lieux, c’est la galère et la pollution de l’air se trouve augmentée. En fait, l’effet contraire à celui recherché !

N’oublions pas non plus que les arrondissements du centre reçoivent de nombreux touristes, les rues seront davantage encore bondées de passants. Quid alors de la malpropreté et du nettoyage à la hauteur de l’enjeu qu’l faudra mettre en place, la situation actuelle de Paris, notamment dans les quartiers historiques, ne nous rassure pas (voir photo ci-dessus de la rue des Francs-Bourgeois) ? Quid aussi des difficultés accrues de déplacement pour les personnes âgées, handicapées, les parents avec enfants en bas âge au sein d’une foule très dense ? Ils ne se sentiront pas en sécurité surtout si rien n’est fait pour endiguer la circulation des trottinettes, planches à roulettes et autres bicyclettes dont leurs conducteurs sont habitués à emprunter les trottoirs faute d’être verbalisés et de la mise en place d’une réglementation adaptée.

La ville sans voiture n’est-elle finalement pas devenue une utopie ? N’y a-t-il pas atteinte au droit à la mobilité ? Seule la solution de la mise en zone 30 des rues du centre de Paris nous semble aujourd’hui adaptée. Certaines villes (Saint-Etienne, Auray, Dol Béthune …) n’ont pas rouvert par hasard des rues qui auparavant étaient devenues piétonnes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *