Le chantier de Notre-Dame au ralenti

Les dernières informations qui nous parviennent sur le chantier de Notre-Dame sont décourageantes. En effet, la question du plomb continue à ralentir le chantier dont plusieurs sources indiquent même qu’il est quasiment à l’arrêt. Bien entendu cela n’est pas sans conséquence.  Depuis que les différentes administrations concernées ont pris conscience des conséquences sanitaires que pourrait causer le plomb, les textes sont appliqués avec rigueur, qu’il s’agisse du code du travail ou du code des marchés publics. Aucune « souplesse » n’est de mise alors que l’édifice réclame encore des interventions en urgence…

Mais 300 tonnes de plomb ont fondu il y a 6 mois et ce n’est pas rien. Depuis la découverte du problème cet été, les règles appliquées pour travailler sur le chantier sont drastiques et découragent les intervenants. Entre les tenues spécifiques que ces derniers doivent porter, les douches obligatoires, les pauses fréquentes toutes les 2 heures et les tests rapprochés, les contraintes sont fortes. Mais la santé des équipes prime. Un ascenseur a aussi été demandé afin qu’aucun intervenant ne monte à pied plus de 13,59 m, il ne sera cependant installé que dans un mois!

Et pendant ce temps l’échafaudage qu’il faut absolument démonter est toujours en place, avec les menaces inhérentes sur Notre-Dame aggravées par le mauvais temps qui pointe, la pluie et les risques dus au vent…

D’un autre côté l’établissement public doit s’installer près de Matignon et sera rattaché au ministère de la culture. Il procède actuellement aux embauches/détachements (40 environ) alors que les 67 collaborateurs de la cathédrale sont au chômage technique depuis l’incendie.

En fait Notre-Dame est un cas d’école qui illustre tout à fait cet effet millefeuille de l’administration française auquel s’ajoutent des réglementations toujours plus nombreuses. Les multiples administrations et organismes intervenant (Préfecture d’Ile de France, inspection du travail, DRAC, ministère de la culture, Etat, l’Ets public…), les entreprises, architectes et autres parties prenantes du chantier font leur travail certes, mais la coordination qui devient de plus en plus impérative n’est pas encore au point et la reconstruction en pâtit.

Nous arrivons à ce paradoxe où d’une part nos dirigeants prônent un délai très court de restauration (une loi d’exception a été votée pour passer outre certaines étapes) et d’autre part la machinerie est freinée de toutes parts dans sa mise en route, sans oublier que d’aucuns voudraient que le chantier soit étendu à l’aménagement des abords de la cathédrale et de l’Ile de la Cité dans son entier, sujet sur lequel nous nous sommes déjà exprimés. En résumé, la quadrature du cercle s’oppose aux impératifs de la restauration. Ce jeu ne peut durer indéfiniment, espérons que le bon sens et une meilleure coordination l’emporteront.

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