Les feux d’artifice contribuent à accroître la pollution de l’air

Les feux d’artifice du  14 juillet sont devenus selon les médias  un événement incontournable qui clôture les festivités de la fête nationale. Toutes les communes, selon leurs moyens, offrent à leurs habitants ce plaisir aux yeux qui revêt un lustre tout particulier quand il a pour cadre la Tour Eiffel.

Pourtant cette année bien des autorités municipales ont hésité à donner ce spectacle alors que la crise du Covid est toujours présente, que nombre de familles sont frappées par le deuil, que notre économie n’est pas à la fête et que les rassemblements, en raison des mesures de précaution à observer, ne sont pas recommandés. Dans certaines communes les feux d’artifice ont été supprimés et interdits

À Paris, le feu d’artifice a été maintenu et comme le concert qui l’a précédé, les spectateurs étaient devant leurs écrans chez eux, le public ne pouvant pas se rendre sur place.

Personne n’a songé un instant que l’argent ainsi dépensé aurait été plus utile pour nos hôpitaux, nos soignants et pour lutter contre la pandémie, voire être utilisée pour aider des entreprises en difficulté. Rappelons que l’an dernier le feu d’artifice avait coûté 750  000 €!

Personne n’a souligné non plus qu’un feu d’artifice était très nocif pour l’environnement, notamment les substances toxiques qui se dégagent lors de la combustion de la poudre noire. A chaque explosion des millions de particules fines sont libérées dans l’air, ainsi que du gaz et des débris contaminant l’environnement. Un agent de propulsion, le  propergol, se retrouve dans les sols et les cours d’eau. L’association Atmo à l’origine de l’indice de mesure de la qualité de l’air explique que « plusieurs types de substances toxiques se dégagent d’une pareille explosion, comme l’hydrogène sulfuré, le méthane, le dioxyde de soufre… La matière première du feu d’artifice, la poudre noire, est constituée d’un composé oxydant (nitrate, chlorate ou perchlorate) libérant de l’oxygène et d’un composé réducteur (soufre et carbone) servant lui de combustible. Et la combustion de cette poudre dégage une quantité importante de CO2. Concrètement, un feu comme celui du 14 juillet, utilisant 30 tonnes de poudres, équivaut en termes de concentration de dioxyde de carbone dans l’air à un trajet de 67 000 km en voiture essence, constate Futura Sciences. Dans le détail, les couleurs du feu d’artifice sont produites grâce à des particules fines métalliques : c’est du cuivre qui est à l’origine de la couleur bleue, par exemple, ou du baryum, substance radioactive, pour la couleur verte ou blanche. »

Des fusées « éco-responsable » commencent à être utilisées et permettent de remplacer les perchlorates, des produits chimiques nocifs tant pour la santé qu’en matière d’environnement. Enfin pour réduire l’impact sonore de l’explosion, de l’air comprimé est désormais utilisé pour propulser les engins. On sait que les Etats-Unis ont développé un modèle ne libérant quasiment aucune fumée lors de son explosion.

On constate donc qu’au moment où l’écologie est intensément mise en avant, dans le prolongement des récentes élections municipales dans un contexte de crise pour lequel il ne faut pas se voiler la face, personne, y compris les tenants du tout écologique, n’a sourcillé à la vue des ces dépenses parties en fumée polluante. L’écologie punitive dont on nous rabâche tant les oreilles sait trouver ses imites lorsqu’il s’agit d’amuser le peuple. Ce n’est pas de cette façon que vont évoluer favorablement nos comportements socio environnementaux.

 

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