Les orgues du centre de Paris attendent leur restauration

Depuis la loi de 1905, la ville de Paris comme  toutes les communes françaises est devenue propriétaire des édifices cultuelles et du mobilier qu’ils contenaient notamment les orgues. A ce titre la mairie de Paris détient une collection exceptionnelle de 126 orgues (84 orgues de tribune et 42 orgues de chœur), la plus importante au monde réunie entre les mêmes mains et répartie  en  96 lieux. Le rapport établi en 2016 par la Ville de Paris dans le but de développer le mécénat fait état d’une  diversité des instruments elle aussi exceptionnelle, puisque leur construction s’étend du XVIIe siècle jusqu’à nos jours (orgues classiques, romantiques, symphoniques ou avant-gardistes). Bien entendu, outre la qualité de l’instrument en tant que tel,  l’ébénisterie et la sculpture du buffet contribuent à l’embellissement de l’ensemble. Parmi cette collection, 32 orgues sont protégés au titre des monuments historiques (11 en totalité, 12 pour la partie instrumentale, 9 pour leur buffet).
L’entretien courant de l’orgue et la nomination des organistes relèvent de l’affectataire,
Un inventaire réalisé en 2005 a révélé que 14 instruments étaient dans un état parfait, les autres nécessitent une restauration intégrale (30) ou un relevage (34) ou des travaux de gros entretien (49).
4 instruments prestigieux et classés  attendent une restauration fondamentale. Ils sont tous situés dans  le futur arrondissement regroupé du Centre de Paris. Il s’agit des grandes orgues  des églises  Saint-Leu-Saint -Gilles (Ier), Saint-Germain -l’Auxerrois (Ier), Saint-Nicolas-des-Champs(IIIe) et Saint-Merry (IVe). Pour ces 4 orgues le besoin de financement par appel au mécénat est estimé à 7,7 millions €. Pour rappel 2,4 millions € sont  alloués annuellement par la Ville de Paris pour ces opérations conduites par la Direction des Affaires Culturelles de la Ville (qui assure la maîtrise d’ouvrage) sous la tutelle de la Direction du Patrimoine et de l’Histoire, plus spécifiquement le Département des  Édifices  Cultuels et Historiques( DECH ) qui a mandaté un expert organier, en l’occurrence aussi technicien-conseil  agréé par l’Etat. Le projet de restauration d’un orgue classé est soumis en dernier ressort à l’approbation de la 5ème section de la Commission Nationale des Monuments Historiques.
Alors que ces instruments, comme beaucoup d’autres,  sont maintenus en vie cahin-caha, certains se sont tus, tel récemment l’orgue de l’église Saint-Nicolas des Champs devenu injouable alors qu’il représente « le fleuron le plus authentique » dû au  grand facteur du roi, François-Henri Clicquot qui l’a entièrement reconstruit en 1773.
Les efforts entrepris par la Ville de Paris sont louables mais sont-ils suffisants face aux besoins financiers nécessaires pour conserver un patrimoine que le monde nous envie. Des arbitrages  au regard de certaines dépenses et subventions inutiles ne sont-ils pas possibles ?

1 commentaire

  1. 1668. Il y a tout juste 350 ans, le 10 novembre, venait au monde dans une famille dédiée à la musique, celui qui allait être l’un des plus grands compositeurs du règne de Louis XIV: François COUPERIN, On ajoute à son patronyme « le Grand » non seulement pour le distinguer des autres de ses proches, mais aussi pour marquer l’insigne valeur de ses oeuvres.
    Il a tenu l’orgue de Saint Gervais jusqu’en 1723.
    Il reste malheureusement peu de jeux authentiques du magnifique instrument de CLICQUOT. L’instrument a, entre autres, souffert de la guerre, mais aussi de restaurations médiocres
    Il comporte 5 claviers et un pédalier.
    Chaque mois, un concert d’une heure permet de l’entendre sonner.

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