L’espace public donné aux débits de boissons et aux restaurants: un désastre !

Nous reproduisons ci-dessous les réflexions qu’inspirent  à Jean-François Bayart, adhérent de Marais- Louvre, l’extension des terrasses au bénéfice des bars et restaurants décidée par la Maire de Paris, sans concertation avec les habitants, 

 

« La décision d’Anne Hidalgo d’octroyer gracieusement l’espace public aux débits de boissons et aux restaurants est en passe de créer un désastre :
1) sur le plan sanitaire, il suffit de voir les terrasses de la rue de Bretagne, la promiscuité des consommateurs, l’absence d’espace de circulation – par exemple au mal nommé Le Progrès – pour prendre la mesure du risque pris. Aucune règle de sécurité sanitaire n’est respectée.
2) l’espace public est désormais parsemé d’urinoirs invraisemblables, dont l’inélégance rivalise avec l’indécence. Par exemple autour du Carreau du Temple.
3) le stationnement résidentiel est en passe d’être  supprimé systématiquement (par exemple sur toute la longueur de la rue Vieille-du-Temple ou rue de Saintonge), au mépris des besoins des résidents qui ont tout de même payé une carte annuelle – jadis gratuite – et dont on peut se demander où ils vont garer leur véhicule. il est vrai que le fait qu’ils en aient une est un scandale.
4) les terrasses de propriétaires d’établissements de boisson sans scrupule vont bien sûr étendre leurs installations bien au-delà de leur seule emprise, à la hauteur de leur devanture, et là aussi au mépris du voisinage. Les précédents de la place du Marché-Sainte-Catherine et du Cox en bas de la rue des Archives vont devenir la norme.
5) le Marais, qui n’était déjà pas dans un état brillant, est encore plus enlaidi par une prolifération de barrières et de modules qui le transforment en parcours de gymkhana,
6) l’anarchie de la circulation est devenue incontrôlable : malheur aux piétons qui ont l’impudence de déambuler sur les trottoirs ou de prendre au sérieux la signalisation, et notamment les feux rouges, les passages cloutés et les sens interdits, ces survivances de l’ancien monde. Le code de la route n’a plus cours, par arrêtés municipaux.
7) le Marais, déjà submergé par les chalands, va inexorablement se transformer en parc d’attraction et de boisson, à l’image de la rue de La Huchette.
Et pour finir, une petite devinette: que se passe-t-il si un camion de pompier se présente rue de Montmorency, au milieu du service ?
Tout cela est inique, mais aussi inquiétant car irréversible. Virus ou pas virus, la même opération sera reconduite l’année prochaine dès le printemps.
Sûre de sa victoire, le 28 juin, Anne Hidalgo perd toute mesure. C’est ce que les Grecs nommaient l’hybris. »

 

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