L’état déplorable de l’église Saint-Nicolas des Champs

 

Peu entretenue depuis des années, l’église Saint-Nicolas des Champs qui se trouve dans un quadrilatère délimité par les rues Saint Martin, Cunin-Gridaine, Turbigo et Réaumur, montre tous les stigmates de l’action du temps. Sauf quelques travaux d’urgence de certaines fresques du XVIIe siècle dues aux artistes Georges Lallement et Corneille ou des peintures dont celles du maître autel exécutées par Vouet, restaurées à l’occasion d’expositions ou bien quelques mètres de corniche extérieure en pierre réparées en urgence, l’église est bien malade, certaines parties sont quasiment délabrées,l’eau s’infiltre et les vitraux sont à refaire. Même l’orgue du célèbre facteur Cliquot (qui était installé dans le quartier) s’est tu depuis plusieurs mois tant son état est inquiétant. SOS Paris et l’Observatoire du Patrimoine Religieux on tiré la sonnette d’alarme depuis quelque temps déjà..

Qu’il s’agisse de l’intérieur de l’édifice ou de l’extérieur, cette église méconnue au patrimoine unique affiche ses maux. Le jardinet derrière les grilles qui l’entourent est lui-même en très mauvais état paraissant comme abandonné, des pierres jonchent le sol quand  un reste de « cloître » qui prend l’eau est couvert d’une sordide bâche plastique (voir photo). Quant au terrain laissé pour partie en jachère, on y compte des trous de rats par dizaines et les roses trémières poussent de façon anarchique. Pourtant s’il était entretenu cet espace aurait fière allure et embellirait autant l’église et son portail sculpté à partir de dessins de Philibert Delorme, que la rue qui le longe.

Quant à l’intérieur, le bâtiment, masqué côté rue Réaumur par de constructions haussmanniennes, est imposant, 90 m de long et 36 m de large avec un double déambulatoire intérieur bordé de 12 chapelles et hérissé de 100 colonnes ! Les œuvres d’art sont nombreuses, souvent exceptionnelles, nombreux sont les artistes représentés, Jacques Stella, Claude Vignon, Nicolas Coypel, Amico Aspertini, Batista Trotti, Gaudenzio Ferrari, Jacques Sarazin, François Delaistre et bien d’autres. Ils méritent vraiment le détour. Des visites guidées sont organisées régulièrement, en particulier en cette période de Marais Chrétien.

La mairie a annoncé débloquer 80 Million € (un peu plus de 12 M € par an) durant la mandature actuelle, afin d’entretenir et réparer les lieux de culte dont elle a la charge. En 2015 le besoin avait cependant été évalué par des spécialistes à 500 millions € et 15 ans de travaux. Le patrimoine cultuel de la commune est constitué de 96 édifices dont 44 ont été construits au XIXe siècle et 10 au XXe, ensemble qui comprend 54 églises, temples et synagogues. Malgré plusieurs restaurations  spectaculaires récentes (églises Saint-Merri, Saint-Gervais-Saint-Protais ou Saint-Augustin) force est de constater, du fait de même de l’importance du patrimoine concerné et du manque chronique d’entretien manifeste au fil des dernières décennies, qu’un plan beaucoup plus ambitieux  est incontournable Notre Dame de Lorette, Les Billettes, La Trinité, La Madeleine, Saint -Séverin et d’autres  attendent elles aussi des travaux d’importance. il serait très malvenu de mettre en avant le coût élevé que ces restaurations représentent pour les finances de la ville,   car de l’argent, il y en a ! il suffirait de revisiter, en le limitant, le montant des subventions allouées chaque année à une liste sans fin d’associations dont l’intérêt pour beaucoup d’entre elles restent à démontrer. Ainsi 2 années de la totalité des subventions accordées suffiraient pour effectuer les travaux nécessaires à la remise en état tous les lieux de culte de Paris.  Il est aussi possible aujourd’hui de recourir au mécénat, mais encore faut-il avoir la volonté  de mener des actions pour ce faire…

Le patrimoine religieux de Paris, envié des étrangers, mérite assurément bien mieux.

 

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