L’étonnante pompe de la Samaritaine

Paris manquait d’eau à époque d’Henri IV , en ce sens que les fontaines n’étaient pas toutes alimentées en raison de prélèvements importants faits par les grandes propriétés, résidences, palais (le Louvre et le palais des Tuileries) ainsi que les communautés religieuses, mais aussi en raison de leur vétusté. Il fut alors proposer en plus de l’alimentation réalisée par les aqueducs de Belleville et du Pré-Saint-Gervais de pomper de l’eau dans la Seine. Sous la conduite de Jean Lintlaër, avec l’autorisation du roi et malgré l’opposition du prévôt des marchands craignant que la navigation ne soit gênée, il fut décidé de construire une fontaine (avec une pompe qui fut la première machine élévatrice du genre à Paris). il s’agissait d’une sorte de moulin de 3 étages bâti sur le Pont Neuf et sur pilotis (au dessus de la seconde arche de la rive droite et en aval, du côté du quai de la Mégisserie),

La pompe pouvait puiser 700 m3 d’eau par jour avec sa roue de près de 5 m de diamètre. Le bâtiment était surmonté d’un petit campanile. Les travaux s’achevèrent en 1608. Ainsi furent alimentés en eau les bassins et fontaines des Tulleries. Les bronzes sculptés par Bernard et René Frémin (1672-1744) qui décoraient la façade côté pont de l’édifice représentaient la rencontre de Jésus et de la Samaritaine au Puits de Jacob, ils entouraient un bassin doré. D’où le nom donné à la pompe (puis du magasin éponyme bien plus tard). Ces sculptures surplombaient l’inscription latine « Fons hortorum, puteus aquarum viventium », c’est-à-dire « Fontaine des jardins, puits d’eaux vives« . L’intérêt de cette pompe monumentale était aussi son carillon avec un jaquemart qui sonnait les heures mais qui fut vite endommagé.

Un gouverneur logeait au dessus de la bâtisse du fait du statut royal de la pompe. Il veillait sur sa bonne marche. la machinerie en effet se résumait à une « roue que la rivière faisait tourner et apportait la force à la pompe pour faire remonter de l’eau dans le réservoir situé au dessus… sachant qu’un coffre de charpente avait été établi pour rétrécir le passage de l’eau. »  Les besoins en eau étant de plus en plus élevés, une autre pompe du même type fut édifiée en 1676 sur le pont Notre Dame. Mais la machine hydraulique exigeait de fréquentes réparations. Dans les années 1712, 1714 et 1715, elle fut presque entièrement renouvelée. Il fut décidé de démolir le bâtiment et la pompe en février 1715. La reconstruction à neuf fut achevée au mois d’août suivant. On fit appel au célèbre architecte Robert de Cotte. La nouvelle pompe, restaurée par Soufflot et Gabriel en 1771, fut détruite en 1813 car elle menaçait ruine, son entretien était coûteux, le système utilisé dépassé et elle n’était plus aussi nécessaire que par le passé. Le musée Carnavalet possède l’une des 2 maquettes de la fontaine, une horloge-baromètre. Il s’agit de l’un des deux exemplaires commandés par le comte d’Artois, pour être offerts en cadeau à son épouse et à la dauphine Marie-Antoinette. Tous les éléments, pendule, baromètre et meuble sont démontables.

Cette suppression de la pompe de la Samaritaine mit fin aux nombreux pamphlets  surnommés   » dialogues de la Samaritaine avec le Roi de bronze » relatifs à la statue de bronze du roi Henri IV toute proche de la fameuse fontaine, Un certain M. Cadot écrivit alors « Après que la Samaritaine chantait pour l’amusement des passants et entourées des fontaines de la ville et sous le regard bienveillant du Pont Neuf, de la Seine, elle apprend que le Palais a souhaité la détruire. Le nouveau canal de l’Ourq est accusé mais c’est le Louvre qui appuie cette demande.

 

Sources:   –  Site Imago Mundi 

                     –  Site Eau et Terre et Feu et Air

 

 

 

 

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