L’immeuble cathédrale de la rue Réaumur

La rue Réaumur est parmi les rues parisiennes celle qui offre le plus de façades surprenantes, voire grandiloquentes qui ne laissent pas indifférentes du fait de leur diversité et de leur originalité. En 1897, à l’occasion du percement de cette rue, un concours a été organisé. Il est à l’origine du résultat exceptionnel qui ne cesse de nous impressionner aujourd’hui encore.

Parmi les plus beaux édifices de la rue, sinon le plus beau, l’immeuble monumental du 61-63 rue Réaumur qui attire l’œil, au croisement de la rue Saint-Denis (non loin du boulevard de Sébastopol où trône à quelques mètres l’immeuble Félix Potin devenu Monoprix), est l’œuvre de 2 architectes G. Singery, Philippe Jouannin et des sculpteurs Jacquier très en vogue à Caen. Ils ont entamé la construction en 1898, en choisissant le thème du temps. Art nouveau, art néogothique s’entremêlent donnant naissance à des sculptures au travers de motifs floraux, de magnifiques mosaïques et d’une entrée digne d’un portail d’église surmonté d’une rosace abritant une horloge sur lequel figurent les signes du zodiaque. Rien ne manque pour créer l’illusion d’un édifice religieux figurant le temps (sont représentés en effet les 12 mois de l’année, les 4 saisons sous forme de visages et à nouveau les signes du zodiaque, évoqués cette fois par des animaux). Compte tenu de la diversité de la décoration, les termes techniques ne manquent pas pour caractériser la façade, « fenêtres géminées, doubles lancettesgables, colonnettes, consoles, ogives, vitraux… ».

Le gigantisme de la façade de cet immeuble à usage mixte cache l’étroitesse du corps central destiné à l’habitation, il dispose seulement de 5 m de profondeur…ce qui lui donne un côté fascinant..

Actuellement en travaux la façade de l’édifice est « cachée » sous une bâche qui la représente à l’identique, l’illusion serait parfaite sans le publicité. 

Sources :
- Guide du promeneur 2e arrondissement, Dominique Leborgne, Parigramme, 1995
- Guide du patrimoine Paris, Jean-Marie Pérouse de Montclos, Hachette, 1994.

 

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