Un énième plan propreté !

Rappelons-nous, la propreté était un des objectifs prioritaires des thèmes de campagne de la Maire de Paris en 2014. Mais ensuite, de plan en plan, ce sujet est devenu pour elle et l’équipe municipale, l’Hydre de Lerne. Malgré les nombreuses annonces faites à grands renforts de publicité, le recrutement de 100 agents supplémentaires en 2017, le financement d’achats de pelles et balais dans le cadre du budget participatif, l’investissement dans de nouveaux équipements, les « Journées du Grand Nettoyage » ou « Paris fais toi belle », jusqu’à l’aide fourni par des équipes de volontaires japonais (la honte !), rien n’y fait, Paris est toujours sale et les rats prolifèrent.

A l’approche des élections municipales de 2020 et des Jeux Olympiques, la problématique de la malpropreté récurrente de Paris apparaît dans toute sa dimension, une vérité crue qui s’invite dans le débat et ne peut plus être repoussée.

Alors un nième plan vient d’être à nouveau lancé et annoncé. Ainsi l’application « Dans ma rue » par laquelle sont signalés les dépôts sauvages de détritus, encombrants et autres saletés déposées sur l’espace public, évolue. Des notifications sur des smartphones seront envoyées à des brigades « urgence propreté » formées de 84 agents qui pourront intervenir dans l’après-midi. En effet plus un acte de salissure est effacé rapidement, moins il a de chance de se reproduire ou d’attirer d’autres actes du même acabit. Autre évolution, l’installation de poubelles publiques « compactantes » mues à l’énergie solaire et dont la contenance est ainsi rendue plus importante pour limiter les débordements. La 3ème mesure, de loin la plus symbolique, est l’arrivée de 3 000 poubelles anti rats (soit 10% du total des poubelles existantes) après de tests concluants (Gare de Nord, Place de la République, Parvis de Notre-Dame …). Elles disposent d’un coffrage bloquant l’accès aux rats et sont munies d’un cendrier intégré pour recevoir les mégots des fumeurs. Enfin de nouvelles stations de tri dites Trilib’ (1 000) seront disséminées dans la capitale.

Mal placée dans les sondages des sites de voyage en raison de la malpropreté, parfois qualifiée de « Ville poubelle », Paris mérite bien davantage que des « mesurettes », il faut lancer un plan choc, prioritaire et d’urgence absolue, digne de l’enjeu. Un plan non plus de prévention mais accompagné de lourdes amendes pour les salisseurs de tous poils qu’il s’agisse d’habitants, de commerçants, d’artisans, de touristes indélicats et d’entreprises d’affichage ainsi que leurs commanditaires, mais aussi des tagueurs, des fumeurs indélicats et des professionnels des épanchements d’urine qui au final ne respectent pas la ville, son patrimoine et ses habitants. Il faut en réalité un plan à la hauteur des moyens que déploie la municipalité pour faire de Paris la ville de la fête !

Dans une ville où la densité de la population est élevée, où les touristes abondent (en particulier dans les arrondissements du centre), où le culte de la fête a été institué, où les incivilités se développent de façon exponentielle, où l’égoïsme prime sur l’attention aux autres, nous craignons que ce dernier plan apparaisse rapidement comme un cataplasme sur une jambe de bois. Mais la notion de propreté est-elle aujourd’hui la même pour tous ?

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