Paris est sale, le point de vue d’un journaliste

Les Echos ont publié le 18 février, sous la plume de Kévin Badeau, une intéressant article au titre évocateur « Pourquoi Paris est toujours plus sale ?».

Partant du constat que nombre de poubelles « vomissent » de détritus, que des objets sont déposés n’importe où sur les trottoirs, que les containers débordent  et salissent, citant les mégots, les rats qui pullulent, les pelouses mal tondues, les mouchoirs en papier, les emballages plastiques « prisonniers des grilles métalliques au pied des arbres », l’auteur de l’article écrit « Bienvenue venue à Paris ville sale » !

Il rappelle ce que nous ne cessons d’écrire depuis des années que la propreté est devenue le sujet n°1 des Parisiens, plus particulièrement d’ailleurs à l’occasion des élections municipales. Selon un sondage IFOP, cette question interviendrait à hauteur de 71% dans le vote des habitants, le logement n’étant qu’à 43% et la végétalisation à 38% !  Même le journal anglais « The Guardian » titrait récemment (non sans arrière-pensée peut-être ?),  « La capitale française est plus crasseuse que jamais ».

Dansmarue, l’application qui permet de signaler la malpropreté a enregistré 309 000 signalements en 2019 contre 12 000 en 2012, année de son ouverture.    

Les 3 grands plans de propreté lancés par la mandature finissante n’ont pas eu, loin s’en faut, les résultats escomptés, malgré le renfort d’effectifs, malgré les laveuses supplémentaires, malgré des plages horaires de travail plus larges et un budget atteignant 600 millions d’€!

Les chiffres impressionnent cependant.  5 000 éboueurs sont à la manœuvre, 1 million d’encombrants sont enlevés chaque année, mais seulement 68% signalés par ceux qui les déposent.

Avec ces données, Kevin Badeau essaie de trouver des explications à la situation présente. Pour lui, le réaménagement des places, la multiplication des rues devenues piétonnes, la fête constante, la densité de la population (habitants et passants) contribuent à l’accroissement de la malpropreté. Le phénomène des livraisons à domicile doublé du développement de la vente à emporter générant davantage d’emballages qui, pour une part non négligeable est jeté sur l’espace public, est aussi cité.

Pour le journaliste, la précarité, l’errance, les campements  de migrants ont eux aussi un impact indéniable (difficilement mesurable) sur la malpropreté. Face aux incivilités, les agents de la DPSP auraient dressé 37 866 PV en 2019 pour dépôts de déchets sur la voie publique…Alors faut-il renforcer les équipes, y compris le nombre d’éboueurs et d’agents de la propreté, car parmi les autres raisons avancées l’absentéisme est mis en avant (12% des effectifs en moyenne, plus les accidents du travail et les maladies). Autre argument avancé, celui de la désynchronisation des plannings de nettoyage, dans trop de rues le balayage a lieu le matin quand le ramassage des ordures n’est opéré que le soir alors qu’il faudrait d’abord, question de bon sens, vider les poubelles débordantes et balayer ensuite !   

Mais nous sommes en période électorale et les candidats font preuve d’imagination. Pour les uns, il faut redonner le pouvoir en matière de propreté aux maires d’arrondissement. Pour d’autres, il serait préférable de le transférer aux conseils d’arrondissement (?) ou bien créer un corps de managers de rues… 

La conclusion de l’article met l’accent sur une question de la passion politique sans doute attachée à ce dossier compliqué. Il n’en demeure pas moins que la prochaine équipe élue devra prendre à bras le corps ce thème et mettre en œuvre, après concertation avec les habitants et certains professionnels impliqués des mesures fortes, car quelles que soient le raisons invoquées, il faut inverser significativement la tendance… Les Parisiens ne comprendraient pas qu’il en soit autrement.

 

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