Paris respire-t-il vraiment ?

Contrairement à la communication officielle qui circule sur l’opération « Paris respire » et à toute la publicité qui l’entoure, il n’est pas si facile pour les riverains lors de ces journées de circuler dans leur quartier tant à pied qu’en véhicule. En période de beaux jours notamment, certaines rues sont tellement bondées que s’y déplacer devient une gageure. Une situation aggravée d’ailleurs depuis quelque temps par l’arrivée en abondance des trottinettes et autres engins utilisés sans le moindre scrupule par des « conducteurs du dimanche » davantage préoccupés par leur propre plaisir que celui des passants.

C’est en 2003 que la mairie a lancé « Paris Respire ». Jusqu’à l’automne dernier seuls dans le Centre de Paris étaient concernés le Quartier du Sentier (2e) et le Quartier du Marais (3e et 4e) fermés à la circulation automobile le dimanche et les jours fériés de 10h00 à 18h00.  Depuis octobre 2018, une nouvelle zone « Paris Respire », couvrant les 4 premiers arrondissements, a été mise en place.  Elle est fermée chaque premier dimanche du mois. Ajoutons l’édition de la Journée sans voiture couplée aux journées du patrimoine le 16 septembre dernier, qui n’ont pas facilité la vie des habitants.

Sur la qualité de l’air sensée devoir s’améliorer au travers de ces opérations, Airparif a juste noté « une tendance à la diminution des concentrations sur toute la zone concernée » ce qui, avouons-le, nous laisse sur notre faim. Quant au niveau du bruit, sensé diminuer lui aussi, Bruitparif évoque une baisse de décibels, mais pour qui habite ces quartiers, le brouhaha de la foule est incessant et plus le temps est ensoleillé plus il est élevé, amplifié souvent par des manifestations fréquentes

Neutraliser les 4 premiers arrondissements en instituant une sorte de frontière, de cordon sanitaire, avec des barrières où sont postés des agents de la ville de Paris et des employés (non assermentés) par des sociétés privées, qui coûtent parait-il 30 K€ par dimanche donc à la charge des Parisiens (et parmi lesquels ceux qui sont ainsi « enfermés ») présente un côté surréaliste.

« Rendre l’espace public moins pollué, plus agréable et plus apaisé » n’est donc pas tout à fait le reflet de la réalité.  Nombreux sont les habitants escagassés par toutes les contraintes induites par ces dispositions dont les résultats en matière de pollution de l’air et de bruit restent à démontrer. Les riverains sont en fait lassés par tous ces « contrôles aux frontières » pour rentrer chez eux et décharger leur véhicule, par la difficulté de faire venir leurs visiteurs,  par l’impossibilité de prendre un taxi devant leur domicile et par l’accentuation de la malpropreté due à l’affluence des passants. N’oublions pas non plus les conséquences qu’elles entraînent pour les  personnes handicapées, les personnes âgées et à mobilité réduite… La vie des Parisiens du Centre de la capitale est complexifiée à l’excès par toutes ces dispositions qu’il faudrait, en cette période de réflexions collectives, assouplir d’autant plus qu’elles profitent surtout aux non parisiens et à ceux qui viennent d’autres arrondissements.

 

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