Petite histoire de la salle du Manège des Tuileries

Célèbre par les assemblées parlementaires qui s’y tinrent durant la période révolutionnaire, la salle du manège des Tuileries était un bâtiment couvert qui fut édifié pour le jeune Louis XV en 1721 afin de se former à l’équitation.

Cette salle en forme de grand rectangle avait des proportions imposantes, 51 m de long, 14 m de large et 9 m de hauteur. Une galerie courait le long des côtés et des 12 ouvertures d’1 m 40 éclairaient l’ensemble. Érigé à l’ouest de la carrière un terrain situé entre le couvent des Feuillants et la Terrasse qui longeait les jardins des Tuileries, ce manège remplaçait celui plus ancien qu’avait fait édifier Catherine de Médicis entre 1568 et 1579 sous la conduite de Philibert Delorme puis de Jean Bullant qui apporta ensuite plusieurs aménagements.

Dès que Louis XV gagna Versailles le manège servit aux jeunes nobles de bonne famille à parfaire leur éducation. Au-delà de l’équitation, ils apprenaient les mathématiques, le dessin et l’escrime. Un temps, le manège fut transformé en garde-meuble et en lieu d’entreposage des corbillards ! Tout en restant propriété de la Couronne de France, une académie équestre y fut créée en 1743 après quelques agrandissements par François Robichon de La Guérinière et passa de main en main jusqu’à l’expulsion en effet du dernier occupant par l’assemblée nationale qui chercha une grande salle où pouvaient siéger les 1318 députés. Plusieurs endroits furent visités par une commission de 6 membres (dont le célèbre Guillotin) nommés à cet effet. Différents sites parmi lesquels des églises furent tour à tour visités. Le Manège des Tuileries acheté par l’Etat pour 90 000 livres fut finalement choisi, mais des aménagements étaient nécessaires et furent confiés à Pierre-Adrien Pâris qui a laissé des plans intéressants qui se trouvent aujourd’hui aux Archives nationales. Pendant les travaux, les députés tinrent assemblée temporairement dans la Chapelle de l’ordination du Palais de l’Archevêché de Paris dont la tribune s’écroula dès la première semaine d’occupation, le 26 octobre 1789.

Siégèrent dans cette salle, qui s’est révélée inadaptée du fait de sa configuration longue et étroite, absorbant la voix des orateurs et amplifiant le murmure des conversations, les assemblées Constituante (novembre 1789-septembre 1791), Législative (octobre 1791-septembre  1792) et la Convention (septembre 1792-novembre 1793). C’est aussi dans cette salle du Manège que se tint le procès de Louis XVI (décembre 1792-janvier 1793).  Les tribunes des petits côtés étaient réservées au public, des baquettes sur 6 rangées non nominatives étaient destinées aux parlementaires. Des journalistes accrédités assistaient aux débats. Très rapidement le manque de place notamment pour les services,  l’imprimerie et l’entreposage des archives nécessitèrent de réquisitionner les couvents proches devenus biens nationaux. La salle du Manège a pu compter jusqu’à 1 500 personnes. Aussi outre 2 gros poêles pour la chauffer à la mauvaise saison,  des ventilateurs et des diffuseurs d’aromates permettaient d’assainir l’atmosphère et de donner un  semblant d’hygiène dans cette atmosphère confiné.   

S’étant transportée par décision du Conseil des Cinq-Cents au Palais-Bourbon en janvier 1798, la salle inutilisée fut détruite en 1802 avec les couvents des Feuillants et des Capucins devenus ses annexes lors du percement de la rue de Rivoli. Une plaque à la hauteur du croisement des rues de Rivoli et de Castiglione  au n° 230 apposée sur un pilastre des grilles du Jardin des Tuileries rappelle qu’elle se trouvait à cet endroit.

 

Sources : Wikipédia, Paris Musées.

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