Réflexions sur la taxe trottinettes

Nous avons évoqué à plusieurs reprises les nuisances provoquées par les trottinettes et les bicyclettes en libre-service qui encombrent l’espace public. Elles sont une nouvelle source de danger pour les piétons face aux conducteurs qui n’hésitent pas à braver les interdits et profitent surtout de l’absence de réglementation. Ils ont le sentiment que tout est permis et s’en donnent à cœur joie.  Les accidents sont, semble –t-il, nombreux, mais la presse les relaie peu…

Face au mécontentement qui croit, à l’approche des élections municipales, mais aussi à l’intervention percutante de Vincent Lindon dans l’émission « Quotidien » du 18 mars (« on est chez les dingues » a-t-il avancé), la mairie de Paris s’apprête à taxer, après un prochain vote de son conseil, les sociétés qui proposent ces engins à la location, y compris les scooters électriques. Le barème serait de 20 € par an pour un vélo classique ou électrique, de 50 € pour une trottinette électrique et de 60 € pour un scooter électrique (120 € pour un scooter traditionnel). Sans doute que cette taxe, si elle est effectivement appliquée, sera répercutée sur le prix de la course. La mairie prend soin d’indiquer que cette mesure est prise dans l’attente de la loi d’orientation des mobilités.

Mais croit-on vraiment que cette décision va arrêter les chauffards, le stationnement anarchique et l’utilisation des trottoirs pour rouler à des vitesses qui ne sont pas négligeables ? La mairie de Paris baisse les bras quand elle avoue ne pas pouvoir imposer les casques, ne pas pouvoir verbaliser les cycles laissés n’importe où sur les trottoirs, ne pas pouvoir verbaliser, ni mettre à la fourrière les deux roues indélicats ! Quid aussi des coursiers en bicyclette qui effectuent leur trajet tel un parcours de vélo cross ? Enfin, dans le dispositif envisagé par la mairie, on cherche en vain ce qui concerne les motos. Bien entendu rien ne les frappera par crainte de représailles, alors qu’elles usurpent allègrement leurs prérogatives et se déplacent sans vergogne sur les trottoirs en houspillant les passants, que les motards ne paient pas de stationnement et qu’ils ne sont pas contraints à la révision obligatoire des 5 ans… Comble du comble des articles émanant de pseudo journalistes et sociologues commencent à paraître  affirmant sans ambages que la trottoir ne doit plus être à l’usage seulement du piéton et qu’il lui faudrait le partager avec d’autres ?

Les déplacements doux montrent donc leur limite, ce que Le Monde, qui a publié le 21 mars un article sur le sujet, appelle « le revers de la médaille ». Tout effectivement n’est pas si simple et on se demande comment la situation va pouvoir évoluer dans les prochains mois où nous est annoncée la présence à Paris de plus de 40 000 engins contre 15 000 actuellement ? Les opérateurs ont bien perçu que cette activité pouvait être lucrative et la taxe ne les effraie pas, bien au contraire, puisqu’elle légitimise d’une certaine façon l’implantation de leur activité que ne régit aucune législation. La mairie est une nouvelle fois débordée par le phénomène comme elle l’a déjà montré pour les locations touristiques qu’elle a plébiscitées avant de constater l’ampleur des dégâts.

Pendant ce temps, les habitants des arrondissements du centre traversés par des rues étroites et encombrées font les frais de tous ces débordements.

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