Suggestions à l’équipe municipale pour 2019

Le contexte difficile que nous connaissons, marqué par une fin d’année 2018 chaotique, ne peut rester sans conséquence aux plans social et économique. Le désarroi et les attentes des uns et des autres ne laissent pas indifférent et doivent conduire les élus qui abordent leur dernière ligne droite avant les élections municipales de 2020 à réviser leur mode de fonctionnement, certaines orientations engagées et pourquoi pas leurs certitudes. Il importe plus que jamais de répondre véritablement aux souhaits des habitants. Habitants qui sont aussi des contribuables, il ne faut pas l’oublier.

Plusieurs sujets méritent à notre sens d’être revisités.

La participation des Parisiens auxquels on accole souvent trop facilement le terme « citoyenne » doit devenir effective et sans détour. L’épisode de la fermeture de la circulation sur la rive droite de la Seine est l’illustration même de la fausse participation puisqu’à l’issue de la consultation, le commissaire enquêteur a rendu un avis négatif mais la mairie a passé outre en fermant d’autorité l’accès… Le budget dit « participatif » est aussi un autre exemple, il suffit de considérer le nombre de votants pour s’en rendre compte. Plus proche de nous les votes sur le regroupement des 4 premiers arrondissements, sensés relever de la participation des habitants aux décisions, ont porté sur des sujets mineurs. Les groupes de travail mis en place auront-ils, au final, vraiment droit au chapitre ?  Cette participation inutile est révolue, il est devenu essentiel de mettre en place une véritable participation citoyenne indépendante dont les élus devront tenir compte.

Autre dossier, les finances de la ville. Afficher 6 milliards € de dettes fin 2018 contre seulement 1 milliard, 17 ans auparavant, n’est pas le signe d’une gestion aussi rigoureuse qu’il nous est laissé entendre dans les discours, surtout quand celles-ci couvrent une partie des dépenses de fonctionnement et qu’il est prévu de les  augmenter de 12% en 2019 ! Des mesures sont pourtant possibles tant en matière de personnels dont le nombre atteint 50 300 fin 2018 (contre 48 400 un an plus tôt) et pour lesquels synergies et non renouvellements de départs à la retraite sont envisageables grâce à la fusion de la ville et du département et au regroupement des arrondissements du centre. Quant aux subventions distribuées en abondance sans qu’elles soient toujours des plus utiles, un coup de frein est devenu plus que jamais nécessaire, Les centaines de millions d’euros qu’elles représentent sont financés les impôts des parisiens.

Le logement social est aussi un dossier qui fait débat et commence à peser sensiblement sur les finances de Paris, malgré les explications données ici et là par ceux qui souhaitent l’étendre dans tous les quartiers et à tout prix, y compris dans les secteurs où ils sont les plus élevés, au prétexte du dogme de la mixité sociale auquel il serait impossible de déroger. C’est ainsi que 262 millions € sont inscrits au budget 2019 à ce titre, plus 142 millions € pour les acquisition foncières. Chacun doit savoir que cette politique n’est pas irréversible, qu’elle doit être davantage réfléchie et mesurée en termes de coût, ce qui autoriserait sans doute de faire plus et mieux.  il faut souligner que des prêts de 40 et 60 ans sont souscrits lors de ces opérations.  Pendant ce temps les plates-formes de locations saisonnières prospèrent, faute d’une réglementation plus sévère et l’offre de logements se raréfiant, les prix augmentant, des habitants de plus en plus nombreux quittent Paris.

La malpropreté enfin est devenue l’épée de Damoclès dont ne se préoccupe pas suffisamment la mairie malgré les mises en garde des habitants, des commerçants, des touristes qui comparent et des associations. Les plans successifs annoncés à grand renfort de publicité puis mis en place se sont soldés par de piètres résultats. Les rats pullulent, les épanchements d’urine, les tags et l’ affichage sauvage continuent à s’étendre, les trottoirs sont dégoûtants. Il devient urgentissime de prendre les mesures en rapport avec la situation, de combattre les incivilités, de repenser toute l’organisation en mettant des moyens adaptés et  en intensifiant les verbalisations. Ces dernières sont d’ailleurs à étendre à d’autres types de pollution tels l’encombrement des trottoirs (terrasses, motos, bicyclettes, planches à roulettes rollers  et trottinettes), le bruit qui reste le parent pauvre dans les dossiers à traiter alors qu’il empoisonne la vie des nombreux habitants concernés, en particulier dans le centre de la capitale.

Se remettre en question est toujours difficile mais au final ô combien salutaire !

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