Triste début de printemps

Les Français et nombre de leurs voisins sont entrés en quasi hibernation sauf les professionnels de santé exténués que nous  ne remercierons jamais assez,  et avec eux tous ceux et celles qui assurent les services minimums vitaux et l’approvisionnement en denrées alimentaires,  médicaments, sans oublier les services publics essentiels…
Triste début de printemps face à l’ampleur inimaginable de cette crise et qu’on dit pouvoir être longue,  voire disparaître puis revenir. Nous nous retrouvons dans notre monde dit moderne et évolué aussi petits que l’étaient nos ancêtres lors des grandes épidémies et catastrophes qui ont marqué l’histoire. Histoire qui apparaît bien ici comme un éternel recommencement !

Il est aussi paradoxal de se retrouver ainsi quand la nature montre sa vitalité et commence à exploser avec l’arrivée des premiers beaux jours. Notre condition apparaît bien frêle, tel un fragile roseau qui peut se briser à tout instant. Pourtant certains essaient de profiter de ce désastre pour s’enrichir, voler et oublier que nous sommes tous solidaires des autres, sans exception pourtant.

Dans ce contexte,  bien des choses apparaissent dérisoires, surannées, futiles et mises au rang d’un passé dépassé. D’aucuns prédisent que ce ne sera jamais plus comme avant, que notre société,  notre monde tout entier,  est remis en cause et doit être repensé. Nous devrions tous œuvrer pour que finissent la course à la croissance, la course aux profits, la course aux armements, la course à l’hégémonie…
Mais quand cette période très grave sera passée, quelles leçons en tirerons-nous ? Ne risquons-nous pas, après une première période plus sage,  de retomber dans nos très vilains et tenaces travers, vers un passé qui pourtant vient de montrer ses limites, vers la finance au détriment du bien commun et de la santé publique dont les plaies béantes viennent de surgir au grand jour des événements qui nous impactent tous dans notre quotidien et notre vie.
La protection et la solidarité, la vraie, et non l’idéologique, doivent devenir les maîtres-mots de l’action de la nation et peut être de l’Europe si la crise permet aux différents pays de mieux s’entendre, d’agir de concert pour le bien commun. Sans doute cela sera t’il douloureux et demandera-t-il beaucoup efforts, voire des sacrifices auxquels nous ne nous attendions pas, mais nous sommes tous dans le même bateau. Il ne faudra pas « mégoter » pour rapatrier les activités vitales parties dans d’autres pays au prétexte de la division internationale du travail par les coûts de production. L’exemple des masques de protection en est la plus évidente caricature et devrait suffire à lui seul à changer totalement notre braquet en ce qui concerne les relocalisations.
Nous avons tous joué aux apprentis sorciers, nous en payons tristement aujourd’hui le prix!

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