Vers une restitution des quais aux promeneurs…

Un fidèle adhérent de Marais-Louvre déplore la  situation dans laquelle se trouvent les quais depuis le début du déconfinement et demande la suppression définitive des pique-niques et de la consommation d’alcool qui s’y tiennent afin de restituer ces lieux uniques aux promeneurs.

Les quais de la Seine comptent parmi les plus beaux endroits de Paris et contribuent beaucoup à son attrait. Ils sont malheureusement en grande partie gâchés pour un grand nombre de Parisiens et de promeneurs par le sans-gêne d’une grosse minorité. La transformation des quais du centre de Paris en des lieux de pique-nique par des groupes assis en rond autour d’un ensemble de victuailles et de bouteilles de boissons alcoolisés les rend peu praticables pour les promeneurs contraints de contourner ces groupes. Le quai St-Bernard, large et aménagé en jardin, est sillonné par trottinettes et vélos circulant à vive allure sans souci des piétons, et dont il faut constamment se méfier. Des groupes munis de sonos puissantes y accaparent avec sans-gêne l’espace sonore des centaines de mètres à la ronde (ce même sans-gêne se manifeste dans d’autres contextes, ainsi celui des festivités nocturnes qui pénalisent le repos d’une majorité de parisiens). C’est sans doute en vertu d’une idéologie libertaire de gauche (il est interdit d’interdire …) que l’actuelle municipalité actuelle est aussi complaisante envers toutes ces dérives.

Le confinement, tout contraignant qu’il ait pu être pendant 8 semaines, a permis de redécouvrir, depuis les voies qui les surplombent, la beauté des quais débarrassés de ces excès. On a aussi pu admirer la Seine sous un aspect qu’on ne lui avait jamais connu : celui d’un fleuve avec une eau verte qui n’était plus troublée par le trafic fluvial (essentiellement des vedettes) ni salie en surface par des rejets de détritus variés, et laissant par endroits voir le fond et les algues.

Durant les derniers jours du confinement, un relâchement des comportements et du respect des distances de sécurité était évident. Cela s’est accentué après le 11 mai. Le nombre des piétons dans les rues était certes plus élevé, ce qui est normal, mais la proportion de ceux qui avaient des masques était moindre avec une tendance à les porter sous le menton ou accrochés à une oreille (un nouveau style ?). Le souci de respecter des distances minimales avait presque disparu. Tout cela se constatait aussi sur les quais. Irresponsabilité ou désir de transgression ? C’est en tout cas regrettable car la sécurité de tous est en jeu.

Dès le 11 mai, l’interdiction de constituer des groupes et de consommer de l’alcool sur les quais était ouvertement bafouée dans le centre de Paris, à la faveur de l’absence de contrôle.  Sur les quais près du jardin du Vert Galant ou dans l’Île St-Louis, on voyait des groupes de jeunes assis en rond autour de nombreuses bouteilles de bière ou de vin (plusieurs bouteilles par personne…). Des photos de scènes semblables sur les berges du canal St- Martin ont été relayées dans la presse. On a aussi vu des détritus à nouveau charriés par le fleuve.

Il faudrait évidemment dans un premier temps faire respecter les règles de sécurité dans l’intérêt de tous. Cependant le changement de l’aspect des quais observé en l’espace de quelques jours au début et à la fin du confinement a fait prendre conscience de façon frappante que la transformation progressive, tolérée si ce n’est encouragée par la mairie, de ces lieux en espace de pique-nique pour une seule catégorie d’habitants, est une perte pour la majorité des promeneurs. Ces lieux historiques doivent être rendus à la contemplation et à la détente pour le plaisir de tous. Les pique-niqueurs qui s’y installent les déparent et en confisquent l’usage au détriment du plus grand nombre. Il faut donc profiter de la décision actuelle motivée par des raisons sanitaires pour obtenir que les quais soient débarrassés des pique-niques et de leur cortège de nuisances : encombrement par des groupes statiques qui gênent la circulation des piétons et abandonnent des détritus par commodité ou ostentation. Il ne faut pas seulement prendre cette décision, il faudra aussi, et ce sera le plus difficile, avoir le courage de se donner les moyens de la faire respecter.

Cela valorisera les quais et participera à une réduction d’une saleté ambiante devenue habituelle, qui favorise la prolifération des rats. Une prolifération dont Mme Hidalgo a osé nous dire, sans nous convaincre, qu’ils sont une conséquence inévitable du réchauffement climatique.

Claude Mercier

 

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