Dans Paris est un roman, publié aux éditions Gallimard le 1er octobre dernier, Jean-Marie Rouart livre un récit personnel dans lequel la capitale française occupe une place essentielle. L’écrivain et académicien y retrace son parcours, depuis ses jeunes années marquées par les rêves de grandeur jusqu’à sa réussite littéraire et sociale. À travers ses souvenirs, il fait de Paris bien davantage qu’un décor. La ville est le théâtre de ses ambitions, de ses rencontres, de ses passions et de ses désillusions.
Jeune homme il observe les toits depuis sa modeste chambre de bonne à Montparnasse. Nourri de lectures et fasciné par les grands personnages de la littérature, il rêve d’une existence exceptionnelle. Balzac et ses héros ambitieux, notamment Rastignac, incarnent pour lui la possibilité de s’élever au-dessus de sa condition et de pénétrer dans les milieux privilégiés de la capitale. Mais la réalité est moins séduisante que le rêve. Les beaux quartiers, les monuments et les appartements luxueux semblent appartenir à un monde inaccessible. Jean-Marie Rouart évoque avec sincérité son sentiment d’infériorité sociale, ses frustrations et son désir de reconnaissance. Il est dans la quête d’une place dans le monde et d’une identité à construire.
Les portes qui lui paraissaient fermées s’ouvrent. Le jeune homme découvre les milieux littéraires et journalistiques, noue des relations, rencontre des personnalités influentes et construit une carrière d’écrivain. Puis tout au long de son parcours, la volonté, le travail et les circonstances contribuent à transformer les rêves en réalité.
L’un des intérêts majeurs du livre réside dans les portraits de personnalités que Jean-Marie Rouart a côtoyées au fil de sa carrière. Il ressuscite un monde littéraire et intellectuel bouillonnant de la capitale aujourd’hui en partie disparu. Parmi les figures évoquées se trouvent Jean d’Ormesson, Matthieu Galey et Gonzague Saint-Bris…des personnages de la vie culturelle parisienne.
L’auteur s’attache avec admiration, ironie et tendresse aux tempéraments, aux gestes, aux conversations et aux petits détails qui révèlent la personnalité de chacun ainsi qu’à leurs rivalités et leurs ambitions. La ville apparaît comme un espace de sociabilité, mais aussi un lieu où forcément se jouent la réputation, la reconnaissance et la réussite.
L’écart entre la vie rêvée et la vie réelle ne fait pas disparaître toutes les incertitudes; elle apporte ses propres contradictions et invite à regarder le passé avec davantage de lucidité. Le livre donne une tonalité mélancolique. Jean-Marie Rouart mesure le chemin parcouru et voit progressivement s’éloigner les êtres, les lieux et les habitudes qui ont accompagné son existence parisienne. Certains estiment à ce titre qu’il s’agit d’un « exercice convenu« , « empreint d’un entre-soi parisien.«
L’intérêt de ce livre montre que la ville possède la capacité de transformer une existence ordinaire en aventure. Ses rues, ses quartiers et ses demeures deviennent les décors d’une histoire personnelle, tandis que les rencontres donnent aux souvenirs la force de personnages romanesques. Le Paris décrit dans ces pages, y compris le quai Bourbon sur l’île Saint-Louis dans le chapitre intitulé « Le bigame du quai Bourbon« , est donc à la fois réel et intérieur. Il est celui que le temps transforme en territoire de souvenirs. Mais (NDLR) il est hélas de plus en plus abîmé comme le prouvent les événements malheureux qui s’y déroulent actuellement et il perd peu à peu son âme.
Sources : Différentes critiques trouvées dans les médias dont Le Figaro du 15 octobre. Babelio. Millepages du 1er octobre 2026
