Tout le monde ou presque est sous le choc, Paris comme bon nombre d’autres villes a été massacrée par des hordes sauvages (le terme n’est pas trop fort). Et notre capitale, surtout Paris Centre (feux dans les rues, magasins saccagés et volés, mobilier urbain et vitrines cassés, chaos et destructions place de la République, véhicules [y compris de police], vélos, motos, kiosques à journaux massacrés ou calcinés, partout des détritus…) a payé un lourd tribu à cette guérilla urbaine. Qui remboursera tous ces dégâts? Nos impôts sans doute, rarement les casseurs, malgré les affirmations dont on nous rebat les oreilles. De quelles peines les délinquants identifiés ou pris sur le fait seront-ils condamnés…?
La colère nous dit-on, la jouissance de casser, effet d’aubaine ajoutent d’autres. Ces derniers profitant selon d’autres du manque d’autorité, du manque d’anticipation, du manque de moyens et de sanctions bien trop molles au regard des destructions et atteintes aux forces de l’ordre. Forces de l’ordre elles mêmes accablées de bien des maux certes non exemptes de bavures, avec à la clé des centaines de blessés dans les deux « camps »..
L’académicien Alain Finkielkraut estime que l’on «a donné aux jeunes la parole avant la langue». Omar Youssef Souleimane journaliste et écrivain franco syrien s’interroge lui sur «la brutalité des jeunes». Il l’identifie aussi à l’appauvrissement du langage. «Celui qui ne parvient pas à ordonner sa pensée et à la formuler se trouve démuni face aux autres, et cette impuissance peut basculer dans le rejet et la brutalité.…»
En fait, si ces constats sont sans doute exacts, mais non suffisants à notre gré, la situation est aussi le résultat d’une multitude de causes dont certaines nous échappent. Mais le résultat lui est bien réel et consternant. Comme l’a écrit Jules Verne :«Tant qu’il n’est question que de détruire, toutes les ambitions s’allient aisément» (Les naufragés du Jonathan).
Le Maire de Paris a déploré les saccages, notamment les pillages et les destructions des commerces (les bars et restaurants qui se dont déjà plaints des conséquences de la canicule ont été les premiers à réagir…). Or l’activité est par ailleurs impactée par la situation économique et mondiale, par l’augmentation de l’inflation… Les faillites, le chômage supplémentaires qui vont en découler ne peuvent qu’aggraver ce constat .
On voit également, à l’occasion de ces manifestations ahurissantes, combien les aménagements récents de Paris et les orientations prises par nos élus sont à revoir. En priorité les bicyclettes développées à tout crin , en libre service elles constituent un excellent moyen de déplacement pour les voyous et un combustible au même titre que les poubelles pour les manifestants. Les batteries au lithium explosent avec la chaleur. Une forte pollution est aussi générée par ces centaines de feux sauvages et vengeurs. L’atmosphère acre respirée par les Parisiens tout au long du dernier week-end le prouve ! Et quelle désolation pour les équipes de nettoyage. Un travail gigantesque en particulier pour la fameuse « fonctionnelle » dédiée au déblaiement après manifestation et qui doit être saluée en ces circonstances ! Le renfort des habitants a dû être sollicité par le Maire! Non seulement nous subissons, mais nous devons réparer, nettoyer et encore payer malgré des impôts qui n’ont fait que croître !!! Et Paris qui était déjà souillée aura bien du mal à redonner un semblant de propreté (nous ne pouvons, même plus parler de lustre, vu l’état où nous sommes tombés) sachant que personne ne peut déterminer à quel moment tout cela va s’arrêter.
Quant aux touristes, quelle vision ont-ils de Paris et de la France? Le tourisme va être fortement impacté et les entreprises et emplois en conséquence . Est-il raisonnable de se rendre dans une ville en proie à la guérilla? Nos voisins craignent que ce mal français, cette quasi « autodestruction », gagne leur pays. Quid aussi de ces événements sur l’état des finances de la France, de Paris…les taux déjà élevés risquent fort de croître encore ? Les casseurs n’en ont que faire, or ce n’est pourtant pas ainsi qu’ils vont construire leur avenir.
La photo illustrant l’article a été prise à l’angle de la rue Rambuteau et de la rue Beaubourg (ex 3e)
