Lors d’une interview par la presse début août, la ministre déléguée auprès du ministre de l’intérieur a demandé à la Sécurité routière de réfléchir à un projet d’harmonisation concernant la protection des utilisateurs des deux-roues électriques. En effet le nombre d’accidents de trottinettes a fortement progressé dans tout le pays pour atteindre 79 décès en 2025 contre 10 en 2019 avec respectivement 1 200 blessés contre 200. Le souhait de l’intéressée est de réglementer l’usage non seulement des trottinettes mais aussi des « engins » à moteur électrique utilisés pour se déplacer tels les skateboards ou gyropodes; ainsi que les hoverboards (sorte de planche motorisée). La ministre n’écarte pas non plus d’étendre la réflexion aux cyclistes qu’elle a qualifiés « d’usagers vulnérables« . Or le port du casque n’est pas obligatoire, sauf pour les enfants à vélo de moins de 12 ans et pour ceux qui circulent avec les « véhicules » cités plus haut en dehors des agglomérations sur les voies pour lesquelles cela est exigé par le préfet. L’amende encourue en cas de non respect de ces règles est de 135 €. C’est-à-dire très peu au regard des risques pris pour soi-même et vis à vis des autres. Dans les villes le port du casque est donc généralement recommandé plutôt qu’imposé pour les trottinettes électriques et « engins » associés. Quelques villes comme Nice, avec extension ensuite à tout le département, ont pris toutefois des arrêtés rendant le port du casque obligatoire mais bien des usagers outrepassent cette réglementation. La Seine et Marne, le Nord et la Manche il y a peu ont fait de même, ainsi que les Hauts de Seine! La ministre pense qu’il faut dorénavant uniformiser les règles sur tout le pays. Les élections de 2027 approchant, aucun échéancier n’a été avancé et aucun décret ne semble à l’ordre du jour. Il semble que la nécessité d’une concertation préalable avec les parties prenantes est vivement souhaitée pour définir les modalités et les faire respecter.
En ce qui concerne Paris, aprés l’abandon salutaire des trottinettes en libre service – seules les « patinettes » électriques privées circulent mais elles roulent très vite malgré la vitesse limitée à 25 km/h – une réglementation de la préfecture de police impose le port du casque depuis le mois d’août dernier pour les « utilisateurs d’engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) » sur la voie publique. Autrement dit tous les appareils déjà mentionnés ci-dessus. Les sanctions affichées sont, soit une amende de 135 € en cas de non port du casque, soit 35 € si vous êtes sans gilet réfléchissant ou « équipement haute visibilité« .
Malheureusement peu de rouleurs concernés portent casque et/ou gilet et le nombre de conducteurs verbalisés constaté est marginal, sinon inexistant. Il convient pourtant de mentionner une étude britannique effectuée sur 15 000 accidents de la route enregistrés entre 2020 et 2024 en lien avec « Voi », le plus important opérateur de trottinettes en libre-service. Les conclusions sont sans appel. Les conducteurs de trottinettes électriques ont 3,5 fois plus de risques d’avoir un traumatisme crânien en cas d’accident, 3 fois plus de risques d’hémorragie et 1,5 fois plus de lésions internes que les motocyclistes. Et pour les enfants c’est pire car du fait de leur taille ils sont davantage vulnérables. Tout cela dans la plupart des cas par manque de port de casque (6% de porteurs contre 75% de port pour les motos et 45% pour les vélos). Ces risques sont la conséquence de la « morphologie » des trottinettes et de la position plus haute du centre de gravité car le conducteur est debout.
Sources diverses dont Le Figaro des 8 et 9 août 2026
