Après plusieurs années de débats, de concertation publique et de procédures administratives, le projet de transformation de l’Hôtel-Dieu de Paris franchit une étape décisive en 2026. En juillet, le chantier est désormais engagé sur plusieurs secteurs du plus ancien hôpital de la capitale et cela est visible notamment par les échafaudages installés sur plusieurs façades,. L’objectif rappelé par l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) est de préserver la vocation hospitalière du lieu tout en ouvrant une partie du site à de « nouveaux usages urbains« . Un programme de restructuration d’une ampleur exceptionnelle, porté par l’AP-HP, en partenariat avec Novaxia (*) pour la reconversion d’une partie des bâtiments et avec le Centre des monuments nationaux pour la création d’un futur musée consacré à Notre-Dame.
Malgré de nombreuses observations émanant d’associations, de syndicats hospitaliers et de riverains, la commission d’enquête a rendu un avis favorable à l’automne 2025, permettant au projet de poursuivre son calendrier. Et au début de cette année les premiers permis de construire ont été délivrés, notamment pour les interventions situées rue d’Arcole et les travaux préparatoires comprenant les fouilles archéologiques obligatoires avant les interventions lourdes sur ce secteur patrimonial. Les principales interventions en cours concernent :
- l’installation des bases-vie et des dispositifs de chantier ;
- les travaux de curage de certains bâtiments ;
- les diagnostics techniques complémentaires ;
- les fouilles archéologiques préventives dans plusieurs cours de l’Hôtel-Dieu (**);
- la préparation des futures restructurations des ailes hospitalières.
Contrairement à certaines inquiétudes exprimées depuis plusieurs années, l’Hôtel-Dieu ne ferme pas mais maintien des activités hospitalières et de recherche dans la partie nord du site, côté Seine. Cette restructuration représente environ 26 000 m² entièrement rénovés afin d’adapter les locaux aux besoins médicaux contemporains. L’AP-HP insiste sur le fait que seule une rénovation lourde permet de garantir durablement l’activité hospitalière dans un bâtiment datant essentiellement du XIXᵉ siècle. A noter que le groupement en charge de cette rénovation intègre outre Vinci Construction, les agences Valero Gadan Architectes, Barthélémy Griño Architectes et les architectes en chef des Monuments historiques. Le coût de la seule opération hospitalière est estimé à environ 160 millions d’euros. La livraison des espaces rénovés demeure programmée à l’horizon 2027.
Au-delà des espaces hospitaliers, le projet prévoit la reconversion d’environ 20 000 m² confiés à Novaxia (*) dans le cadre d’un bail à construction de 80 ans. L’objectif est de créer un pôle consacré aux biotechnologies et à l’innovation en santé, des commerces et des services ainsi que des restaurants, des logements dont lez inévitables logements sociaux (seront-ils alloués à du personnel hospitalier ?), des équipements destinés à la petite enfance et des espaces ouverts au public.
Un musée consacré à Notre-Dame de Paris doit également prendre place dans une partie des bâtiments historiques, sous la responsabilité du Centre des monuments nationaux. Faire autant de place à l’activité commerciale fait l’objet de nombre de critiques en particulier au sein du personnel de l’AP-HP ne remettant pour autant les projet en cause.
Au cours du second semestre 2026, le chantier, qui est à ce jour l’une des opérations de réhabilitation patrimoniale les plus importantes de Paris, toute proche de Notre Dame, doit entrer dans une phase plus visible avec le démarrage progressif des restructurations lourdes des bâtiments hospitaliers.
(*) Le groupe Novaxia (dirigé par son fondateur Joachin Azan) se définit sur son site comme « Pionnier du recyclage urbain depuis 2006, nous inventons des modèles uniques alliant finance et immobilier, sens et objectif de performance. Il annonçait il y a un an disposer de 2 milliards d’€ d’actifs sous gestion.
(**) Les fouilles archéologiques ont débuté en février 2026. Elles représentent une opération exceptionnelle sur l’île de la Cité. Menées conjointement par les archéologues de la Ville de Paris et l’INRAP, elles concernent environ 1 250 m² et pourraient mettre au jour des vestiges des occupations successives du site depuis le Moyen Âge.
