Dans le cadre de leur réorganisation et plans stratégiques les banques s’adaptent aux nouvelles habitudes de leurs clients. Elles ferment des agences (3 300 en 5 ans dont 711 en 2025, plusieurs dizaines à Paris, sur un total restant de 35 711 pour tout le territoire) (*) et avec elles, nombre de distributeurs de billets. À tel point que dans certaines communes des élus interviennent pour maintenir le ou les distributeurs indispensables, les assimilant à une sorte de service public.
Le développement de la banque à distance, des virements instantanés (+ 82% au premier semestre 2025), des paiements carte et par Internet via son smartphone (+ 34% en montant au premier semestre 2025) (**) font que nous sommes nombreux à ne plus avoir besoin de liquide sur soi.
Des statistiques établies par le comparateur Panorabanques établissent qu’en 2025, 52% des Français (49% en 2024) font moins d’un retrait par mois au distributeur, quand 7% n’y recourt jamais! 33% retirent deux fois par mois de l’argent et 14% 4 fois. Le besoin d’espèces est donc réduit, sauf chez les commerçants de moins en moins nombreux qui n’acceptent pas les paiements par carte en dessous d’un certain montant.
Quant aux distributeurs leur déclin va continuer. Plusieurs établissements (Société Générale, Crédit Mutuel CIC et BNP Paribas) ont décidé de réduire leurs coûts élevés d’entretien des machines en s’associant pour mettre en œuvre un réseau commun d’appareils appelé « Cash Services » ou multi services. Les distributeurs de billets qui n’avaient que la fonction retrait auront totalement disparu du paysage français en fin d’année.
Il convient de noter que l’usage du chèque, le moyen de paiement pas excellence durant de longues années, continue son inexorable déclin lui aussi (-15% en montant 2025) jusqu’à ne plus représenter que 2% du nombre de transactions scripturales.
La concentration des réseaux bancaires à Paris risque fort de faciliter le nombre de fermetures d’agences et de distributeurs de billets. Pour Paris Centre l’agence CCF (ex HSBC) et celle de la Caisse d’Epargne (CE)du boulevard de Sébastopol ont fermé leurs portes, de même qu’une autre agence agence CE de la rue Rambuteau pour ne citer que ces 3 exemples. Si ce mouvement s’amplifie, comme nous le supputons, les locaux vacants déjà nombreux s’ajouteront à la longue liste existante avec le risque de voir des bars les remplacer alors que nous quartiers en sont déjà saturés. Sauf si des commerces de bouche s’y installent déjouant nos pronostics, mais les temps actuels sont ils favorables pour se lancer dans de telles activités. Rien n’est moins sûr !
(*) selon certaines études, 20% des agences bancaires pourraient baisser leur rideau d’ici 2027?
(**) chiffres Banque de France
