Il est très souvent question dans les discussions entre Parisiens ou lors de la venue de visiteurs, de touristes, de l’enlaidissement de Paris. Ce que certains appellent « la dégradation esthétique« . Bien sûr beaucoup se référent aux créateurs, décorateurs, architectes, urbanistes célèbres ou moins qui ont fait l’âme de la capitale. Âme qui peu a peu tend à disparaitre, faute de goût ou par envie de faire fi du passé, voire par pur dogmatisme. Ces créations du XIXe siècle ayant un côté par trop « bourgeois ».
L’équipe municipale qui vient d’être en partie remplacée a fait du mal de ce côté et le nouveau Maire, alors qu’il en était encore le 1er adjoint a essayé de corriger les erreurs commises. Il a senti en effet la bronca monter (rappelons l’épisode du banc de Davioud acheté en vente publique puis restitué à la mairie de Paris). Il a proposé via le PLU des actions de remédier à cette dégradation. Quelques actions ont pu être notées comme les entourages des arbres (voir ceux le long des quais hauts de Seine. Mais il reste encore de nombreux entourages en bois grossiers et hideux. Les grilles d’arbres sont le plus souvent maltraitées, mal fixées et dangereuses posées sur une surface sale, encombrée de mégots et autres déjections.
Des bancs ont été remplacés ici et là, devant l’hôtel de ville par exemple, par de lourds bancs en granit bien banals. Ils ont toutefois été substitués aux bancs en bois hideux de type « traverse de chemin de fer » qui n’avaient rien à faire sur cette place et d’autres d’ailleurs. Places souvent recouvertes de dalles en pierre grises et tristes donnant cet aspect minéral si décrié.
Quant aux arrêts de bus et aux kiosques à journaux que l’on peut qualifier de mobilier aseptisé et commun, ils jurent avec les fontaines Wallace et les colonnes Morris, ainsi que les bouches de métro de Guimard. Bien des mâts d’éclairage sont aussi à revoir de la même façon que les poubelles si fragiles, sales, souvent très abîmées et rouillées qui ont mal supporté les années. Il y a aussi du travail du côté des colonnes de verre, les parterres de verdure qui longent les trottoirs. Un entretien régulier et fréquent est primordial si l’on ne veut pas qu’ils contribuent à faire de Paris une ville qualifiée de sale par nombre de ses habitants désespérés et des touristes surpris car ils comparent avec d’autres métropoles françaises et à l’étranger où l’entretien et l’harmonie du mobilier prédominent
Il reste donc encore beaucoup à faire et nous espérons que les adjoints nouvellement nommés de la mairie centrale en charge de la propreté, du mobilier urbain et du patrimoine, en lien peut-être avec leurs homologues des arrondissements qui ont peu de pouvoirs en ce domaine. Tous auront, espérons le, des objectifs à la hauteur des besoins dans le cadre d’un véritable plan à moyen (voire à long terme) travaillé avec des représentants des habitants et si nécessaire des spécialistes. Le but recherché sera alors de redonner son charme et son âme à la capitale. Et pourquoi pas faire inscrire le mobilier parisien au patrimoine mondial de l’Unesco, comme cela a déjà été proposé. Une demande d’inscription sans aucun doute plus logique que celle qui porterait sur les terrasses des bars et restaurants.
