Du 15 octobre 2026 au 21 février 2027, le Musée de la Chasse et de la Nature, à Paris 3ᵉ, accueille Ce qui reste, une exposition monographique sur le monde sauvage de la matière de l’artiste Lionel Sabatté. Peintures, sculptures, dessins et tapisseries investissent les espaces du musée et dialoguent avec ses collections, dans un parcours où l’animal occupe une place centrale.
Chez Lionel Sabatté, le sauvage naît souvent de matières modestes, voire délaissées : poussière, rouille, laine, ciment, ongles ou peaux mortes. L’artiste transforme ces résidus en créatures et paysages étranges donnant à ses œuvres une dimension à la fois poétique et inquiétante, entre apparition, métamorphose et disparition. Cerfs, loups, sangliers, ours ou chiens deviennent ainsi les figures d’un monde en perpétuelle transformation. La frontière entre nature et culture semble progressivement s’effacer. Avec une majorité d’œuvres inédites, Ce qui reste prolonge le dialogue engagé entre Lionel Sabatté et le musée depuis 2017 et nous invite surtout à « regarder autrement ce que nous considérons comme insignifiant ou voué à disparaître : poussières, traces, fragments et restes deviennent alors les témoins fragiles mais tenaces du vivant«
De 11h00 à 18h00 sauf le lundi. Nocturne jusqu’à 21h30 le mercredi
Du 6 octobre 2026 au 7 février 2027, le Musée national Picasso-Paris consacre une importante rétrospective à Kurt Schwitters (1887-1948), figure singulière de l’avant-garde européenne. Intitulée Kurt Schwitters. « Le chaos-monde, 1918–1948″, l’exposition réunit plus de trois cents œuvres et documents et propose de redécouvrir un artiste dont la création a profondément bouleversé les frontières de l’art (l’affiche de l’exposition illustre cet article). Proche du mouvement Dada et des constructivistes, Schwitters développe dès les années 1920 une esthétique fondée sur le collage, l’assemblage et le détournement des objets du quotidien. Tickets de tramway, fragments de journaux, bois, papiers ou objets abandonnés deviennent entre ses mains des matériaux artistiques. Avec le « MERZ », terme qu’il invente pour désigner sa démarche, il transforme le rebut en poésie visuelle et fait du hasard un véritable principe de création. Mais Schwitters ne fut pas seulement peintre ou « collagiste ». Poète, sculpteur, typographe, il s’intéressa également à la musique, au théâtre et à l’architecture. Son œuvre témoigne ainsi d’une volonté de faire éclater les catégories traditionnelles et de concevoir l’art comme un univers total.
Le choix du Musée Picasso est particulièrement stimulant : comme Picasso, Schwitters appartient à cette génération d’artistes qui, au XXe siècle, ont remis en question les conventions de la représentation et redéfini le rôle de l’artiste. L’exposition permet ainsi de mesurer, au-delà des différences de style, la puissance d’une même volonté de réinventer les formes. Elle nous permet aussi de connaître ou de mieux connaitre un artiste longtemps resté plus confidentiel en France, dont l’œuvre apparaît aujourd’hui d’une étonnante actualité : dans un monde saturé d’images et d’objets, Schwitters nous invite à regarder autrement ce qui nous entoure.
De 9h00 à 18h00 sauf le lundi.
La Fondation Cartier pour l’art contemporain accueille l’artiste ghanéen Ibrahim Mahama pour une exposition d’envergure intitulée « Le Temps des récoltes ». Présentée du 22 octobre 2026 au 28 février 2027, elle marque la première grande exposition parisienne consacrée à l’artiste au 2, place du Palais-Royal. Né en 1987 à Tamale, au Ghana, Ibrahim Mahama s’est imposé sur la scène internationale par des installations monumentales réalisées à partir de matériaux récupérés, d’archives et de fragments du patrimoine industriel. Son travail explore les traces de l’histoire coloniale et postcoloniale du Ghana, mais aussi les questions liées au travail, à la circulation des marchandises, à la mémoire et à la transmission.
L’ exposition est conçue comme un espace vivant et collectif avec aussi 9 artistes et collectifs dont le Cercle d’Art des Travailleurs de Plantation Congolaise (CATPC). Ensemble, ils interrogent les héritages des indépendances africaines et les futurs possibles du continent.
Parmi les œuvres majeures figure « Parliament of Ghosts », une installation composée notamment de sièges ashantis en bois qui évoque la mémoire politique du Ghana et, plus largement, les promesses inachevées de la démocratie. L’exposition présente également « Things Fall Apart », une spectaculaire reconstruction d’une ancienne usine ghanéenne de bouteilles en verre liée à d’anciennes ambitions de développement.
L’artiste ne propose pas seulement un regard sur le passé mais transforme les traces de l’histoire en matériaux pour penser le présent et imaginer l’avenir.
De 11h00 à 20h00 sauf le lundi. Nocturne jusqu’à 22h00 le mardi.
Des activités ateliers conférences et autres événements sont souvent liés à ces expositions. consulter le site des musées pour en connaitre le détail et les dates.
