« Le Christ Rédempteur, Le Christ appelle à lui les affligés » est le nom du tableau commandé par la ville de Paris en 1877 à Albert Pierre René Maignan (1845-1908) et dont l’esquisse est au Petit Palais. Ce tableau qui était exposé au musée d’Amiens est en cours de restauration et va retrouver le lieu pour lequel il était destiné dès l’origine, à savoir l’église Saint-Nicolas des Champs.
C’est la chapelle dite de Saint-Louis sur le mur de droite, où était accroché un dytique volé en 1971 dont chaque volet, peint sur fond d’or, comprenait dix petits tableaux représentant des scènes de la vie du Christ (XIVe siècle), qui devrait recevoir ce grand tableau sur lequel est représentée la mère d’un jeune soldat tombé pendant la défaite de 1870.
Ce tableau est devenu célèbre à tel point qu’il a été reproduit de multiple fois et l’est encore. Le poster le représentant est en vente sur plusieurs sites, la plupart anglosaxons dont Amazon, et une gravure a été éditée que l’on trouve même sur le site LeBoncoin.
Le tableau reprend les thèmes de la rédemption et de compassion. L’approche de Maignan joue avec la lumière et les ombres de sorte que se dégage beaucoup de spiritualité. Le « tableau, à la fois émouvant et majestueux, » invite « à la réflexion et à la contemplation« .
Peintre d’histoire, Albert Maignan fils de notaire épousa Étiennette Larivière, une pastelliste et portraitiste, fille du peintre Charles Philippe Larivière. Licencié en droit, l’artiste a suivi des cours avec le peintre paysagiste Jules Noël (1818-1881) et se lia au peintre Isabey (1803-1886 ) fils de Jean-Baptiste Isabey, le célèbre miniaturiste du 1er empire. Il exposa au salon des artistes à partir de 1867. En 1872, il devint membre de l’Association des artistes, peintres; sculpteurs graveurs et dessinateurs et obtint plusieurs médailles en 1874, 1876 et 1879. « Sa notoriété s’affirma avec sa médaille d’honneur du Salon de 1892 pour La Mort de Carpeaux, acquis par l’État pour le musée du Luxembourg » et aujourd’hui au musée de Picardie à Amiens. Il intégra l’Institut en 1905.
Son œuvre majeure reste « les voix du tocsin », le plus grand qu’il ait peint pas ses dimensions et représentant la cathédrale de Strasbourg en feu lors à la suite de l’arrivée des Prussiens en 1870. Ce tableau exposé lors de plusieurs expositions universelles fut acheté par l’Etat et se trouve aujourd’hui lui aussi au musée d’Amiens. L’artiste a réalisé aussi de décors peints pour l’hôtel de ville, le restaurant le Train Bleu (2 fresques datées de 1900, les Vendanges en Bourgogne et le théâtre d’Orange), des tapisseries du palais du Luxembourg…On en trouve d’autres dans le foyer de l’Opéra Comique et à Notre Dame de la Consolation construite en souvenir des victimes du Bazar de la Charité.
A noter qu’Albert Maignan « possédait une vaste collection d’objets archéologiques et médiévaux qui étaient visibles dans son atelier parisien ainsi que dans sa résidence de Saint-Prix. Sa collection d’objets médiévaux était composée de sculptures romanes et gothiques, d’ivoires et de pièces d’orfèvrerie ». Elle a été léguée au musée d’Amiens.
Sources : diverses dont Wikipédia
