Le musée du Louvre consacre jusqu’au 20 juillet 2026 une grande exposition à Martin Schongauer, figure majeure de l’art germanique de la fin du Moyen Âge. Intitulée Martin Schongauer. Le bel immortel, cette rétrospective met en lumière un artiste dont l’influence a traversé les siècles, tout en demeurant parfois méconnue du grand public.
Né à Colmar vers 1445 et mort à Vieux-Brisach en Allemagne en 1491, Martin Schongauer s’impose comme l’un des plus grands graveurs européens avant l’avènement de la Renaissance. Fils et frère d’orfèvres, il perfectionne l’art du burin avec une virtuosité exceptionnelle. Ses estampes circulent dans toute l’Europe et contribuent à diffuser un langage artistique nouveau, fondé sur la précision du dessin, l’observation attentive de la nature et une remarquable maîtrise de la narration visuelle.
L’exposition du Louvre rassemble une sélection exceptionnelle de gravures et de dessins, mais aussi, fait inédit, la quasi-totalité des peintures de chevalet et des retables conservés de l’artiste. Les visiteurs pourront notamment admirer La Vierge au buisson de roses (1473), unique œuvre peinte datée de Schongauer, considérée comme un chef-d’œuvre de la peinture gothique tardive (*).
À travers ce parcours, le Louvre révèle un créateur d’une grande modernité. Schongauer apparaît non seulement comme un technicien hors pair, mais aussi comme un observateur sensible du monde vivant. Ses œuvres témoignent d’un intérêt constant pour les détails de la nature, les expressions humaines et la mise en scène des récits religieux. Son influence s’étend bien au-delà des frontières germaniques et prépare l’émergence d’artistes majeurs tels qu’Albrecht Dürer.
Présentée à la Mezzanine Napoléon, cette exposition offre ainsi l’occasion rare de redécouvrir un artiste fondamental de l’histoire de l’art européen. En réunissant un ensemble d’œuvres exceptionnel, le Louvre permet de mesurer l’ampleur du talent de Schongauer et de comprendre pourquoi ses contemporains le considéraient déjà comme un maître. Plus de cinq siècles après sa disparition, son art continue de fasciner par son élégance, sa finesse d’exécution et sa capacité à donner vie aux images.
Cette rétrospective est un rendez-vous majeur de la saison culturelle 2026, offrant aux amateurs d’art médiéval comme aux visiteurs curieux une plongée dans l’univers d’un créateur dont l’héritage demeure d’une étonnante actualité.
(*) Le tableau volé dans la nuit du 10 au 11 janvier 1972 avait provoqué beaucoup d’émoi. Il fut récupéré dans le garage d’un particulier le 4 juin 1973 à Décines, dans la banlieue lyonnaise, il retrouve sa place à Colmar le 8 juin 1973 , mais est mis, pour des raisons de sécurité, dans le chœur de l’église des Dominicains, où il est actuellement visible.
Sources : Le site du Louvre, Le Figaro du 02 juin et Connaissances des arts du 11 mai 2026
