Les élections municipales sont terminées. Il va falloir désormais passer aux travaux pratiques et faire de l’arrondissement de Paris centre donc de nos quartiers, si l’on en croit la lettre de l’entre deux tours du nouveau ex Maire qui reste aux mannettes, « …un centre de Paris où il fait bon vivre avec sa famille, en sécurité, en respirant mieux et en circulant plus facilement…et fédérer autour d’un projet social, progressiste et écologique. »
Ceci étant annoncé par le Maire-candidat, ces engagements se traduisent par différentes actions.
« Protéger tous les piétons« . Sur ce plan il y a du pain sur la planche si l’on considère le nombre de cyclistes (et conducteurs de trottinettes) qui ne respectent pas ceux qui sont à pied alors que les pistes cyclables vont encore être multipliées.
« La présence nuit et jour de la police municipale » est une excellente nouvelle mais demande un sérieux renforcement des effectifs et des négociations sans doute âpres avec la profession qui risquent de durer pour parvenir à créer des équipes de nuit…
« Des trottoirs propres où on peut se déplacer sans entrave… « . Pourquoi sont-ils restés jusqu’alors si sales ? Pourquoi les dépôts d’ordures récurrents subsistent-ils malgré les alertes lancées par les usagers ou par notre association par exemple ? Curieux de découvrir la question lors des élections et encore plus curieux de constater dans nos quartiers juste l’avant veille et la veille du jour des élections du second tour une propreté inhabituelle des trottoirs ?! Une sorte de miracle sinon une coïncidence prémonitoire. Il va falloir intensifier sérieusement le nettoyage, cartographier les endroits les plus fréquemment sales, les lieux habituels d’épanchement d’urine, y faire des passages réguliers et renforcés avec des équipes dédiées y compris et surtout les samedis et dimanches où la situation est la pire car jours des lendemains de fêtes. Là encore les négociations seront difficiles avec les impétrants, sauf à privatiser le service. Pourquoi ne pas organiser, comme nous l’avons proposé à plusieurs reprises, des assises de la propreté pour « embarquer » dans ce projet les usagers.
« Faciliter l’accès des jardins publics aux chiens…« . Est-ce une si bonne idée ? Gare aux enfants qui ne vont pas faire bon ménage avec les déjections canines dans les bacs à sable. Les chiens seront-ils tenus en laisse ?
« Une école publique de qualité« . Quid des mesures qui vont être prises pour assurer la « sécurité » des enfants, thème étonnamment non abordé dans cette « lettre aux habitants » citée supra ?
Le soutien mentionné « aux commerces de proximité et à l’artisanat local à des prix abordables » n’est il pas une gageure ? La mairie ne peut se substituer aux propriétaires privés, la mairie ne peut qu’acheter des locaux et les louer ensuite à prix abordables aux exploitants et artisans via une SEM (société d’économie mixte) pour leur permettre de démarrer dans des conditions meilleures. Encore ne faut-il pas entendre par commerce de proximité les bars et restaurants dont Paris regorge, nous sommes déjà à un niveau de trop plein, la mairie de Paris les ayant déjà suffisamment aidés et favorisés ces années passées avec notamment la multiplication des terrasses…
Continuer à se loger au centre de Paris « les familles, les classes moyennes les agents du service public... » Oui mais dans quelles conditions ? La ville est fort endettée. Poursuivre la multiplication des logements sociaux avec des prêts dont certains sont à 65 ans apparait dans un certain sens comme une fuite en avant (sauf à augmenter une nouvelle fois impôts et les taxes), d’autant que la patrimoine immobilier de la ville est immense et mérite déjà d’être bien entretenu. L’effort concernant les classes moyennes est nécessaire, mais comment cela va t’il se traduire dan le contexte de l’objectif dogmatique annoncé de 40% de logements sociaux ? La quasi moitié de Paris ne peut appartenir à la ville. La conséquence d’ailleurs se traduit par une augmentation du prix de l’immobilier devenu plus rare qui conduit les familles n’ayant pas droit aux logements sociaux ou intermédiaires à quitter la capitale. Si on ajoute l’encadrement des loyers il s’avère que le patrimoine immobilier parisien est sous contrôle étroit de l’équipe municipale. On espère qu’un jour elle ne sera pas tentée de mettre en place les appartements communautaires (les fameuses kommounalka) qui ont été développés en Union soviétique aprés la seconde guerre mondiale Intensifier ces investissements est-il le bon moyen pour réguler le marché alors que bien d’autres investissements sont nécessaires si l’on en croit les projets annoncés durant la campagne. N’oublions pas dans cette équation immobilière l’emprise des logements destinés à la location saisonnière dont le développement, il importe de ne pas l’oublier, a été favorisé et encouragé par l’équipe en place qui, un peu tard, a constaté qu’elle se fourvoyait, attirée qu’elle était par les taxes versées et voulant accentuer l’attrait touristique de Paris, une des causes aujourd’hui de la montée du sur tourisme. Les contrôles d’ailleurs envers ceux qui ne respectent pas les règles imparties sont ils suffisants ?
il serait judicieux sur tous ces points que les élus fassent des points d’étape à leurs administrés y compris sur les retards les reports ou même les annonces électorales qui finalement ne seront pas mises en œuvre!
