Le retour des bancs Davioud Place de la République

Les célèbres bancs Davioud dessinés par l’architecte éponyme sont devenus emblématiques au fil du temps, c’est-à-dire depuis 1860 où ils ont fait leur apparition. En 1869, 8 428 d’ente eux sont installés dans la capitale.

Trop traditionnels, trop ringards, sans doute trop caractéristiques de temps révolus, ces sièges doubles en fonte et en chêne aux couleurs vert et gris, sur lesquels peuvent s’asseoir ensemble 6 personnes, disparaissent progressivement pour être remplacés par des horreurs,  les bancs Mikado ou des traverses de chemin de fer.  Un non sens, une hérésie, dénoncées par bien des Parisiens et visiteurs admirateurs de Paris. Jusqu’à ce jour du 25 mai 2021 où un exemplaire de ce banc apparaissant dans une vente aux enchères à Drouot a été offert à la ville de Paris par des habitants soucieux de la protection du patrimoine parisien. Geste louable qui a dû, tant il a été médiatisé, faire réfléchir l’équipe municipale qui dorénavant veut les remettre en place.

La place de la République tant martyrisée lors de sa réfection-transformation il y a 8 ans a été retenue pour la réhabilitation des bancs historiques. Nous en sommes heureux mais est-ce bien un mouvement de fond ou une simple action ponctuelle sur 17 bancs visant à donner satisfaction à ceux qui  trouvent que la mairie est allée trop loin dans le changement au prétexte de modernité, d’enjeu climatique voire de changer pour changer ?

Les modifications trés discutables apportées au mobilier ces dernières années par l’équipe municipale ont été lancées sans tenir compte du cadre spécifique de Paris, de son histoire, du mobilier urbain historique à protéger tant il caractérise la capitale et en constitue son essence même.  Les Parisiens ont montré qu’ils n’étaient pas d’accord et il est appréciable que la mairie de Paris ait prix conscience de son erreur sur ce plan.

Reste à savoir si cette restitution du mobilier sera d’ampleur ou juste un coup d’épée dans l’eau de façon à satisfaire les « nostalgiques » du Paris traditionnel. Nous  devons tous être vigilants à ce titre car, sous prétexte d’écologie, de modernité et de rejet du passé, la capitale ne peut être défigurée et perdre son charme qui fait sa réputation.

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