Les défaillances d’entreprises atteignent un pic en 2025

Selon les dernières données publiées le vendredi 6 février par la Banque de France, 68 564 entreprises ont disparu au cours de l’année 2025, soit une hausse de 3,5 % sur un an. Un record qui confirme la persistance des difficultés des acteurs économiques après plusieurs exercices de résilience.  Les spécialistes estiment qu’au travers de ces données la France a atteint un palier car il y a eu très peu de défaillances en décembre (entre novembre et décembre le nombre d’entreprises touchées est passé de 68 414 à 68 564 voire près de 70 000 pour certains organismes). Des économistes voient, en raison de ces derniers chiffres, une capacité de la France  » d’absorption des chocs qui, sans s’améliorer radicalement, semble cesser de se détériorer brutalement » (?). Ce sont surtout les « entreprises de taille intermédiaire (ETI), comptant entre 250 et 4 999 salariés, ainsi que les grandes entreprises, « qui » voient leurs indicateurs de défaillance virer au rouge… » cette situation « … impacte significativement l’emploi et les chaînes de sous-traitance locales.« 

Cette augmentation des défaillances  d’entreprises est pour beaucoup « liée au contexte économique et politique mais aussi toujours un peu au rattrapage post-Covid » cependant les avis divergent à ce sujet. il n’empêche que nous sommes à un niveau inquiétant, nous avons  « dépassé la précédente période de pic lié à la crise des subprimes de 2007-2008. » dont les effets s’étaient fait ressentir encore plusieurs années après. Actuellement bien des entreprises sauvées temporairement par les mesures prises au moment du Covid (prêts garantis par l’État, fonds de solidarité, chômage partiel…) tombent.

Une baisse est attendue pour 2026, voire même un repli, « une décrue« , l’expérience passée montre que le retournement aprés une période difficile de faillites n’arrive pas si tôt que cela « … laissant présager un niveau durablement élevé de défaillances sur les prochaines années« 

En Ile de France 4 471 défaillances d’entreprises ont été enregistrées au 4e trimestre  (+2 % par rapport au 4e trimestre 2024). 4 départements enregistrent une baisse des défaillances au  4e trimestre 2025 : l’Essonne (-12 %), la Seine-et-Marne (-11 %), le Val d’Oise (-10 %) et la Seine-Saint-Denis (-2 %). Le Val de Marne en revanche supporte une hausse de +16 % sur ce trimestre,  Paris + 12%,  les Hauts de
Seine + 7% et les Yvelines +1%.   Au total 16 112 défaillances ont été comptabilisées en 2025 dans la région, « une hausse limitée à +2 % après une hausse de +26% sur l’ensemble de l’année 2024 et de +38% en 2023. » En nombre de défaillances, Paris demeure le département le plus touché avec 1 541 cas au quatrième trimestre  et totalise 34% des défaillances d’entreprises de la région, bien avant la Seine Saint-Denis (1688) et la Seine et Marne (543). 

« Les secteurs les plus touchés par les défaillances sont les services (+ 46 %), la construction (+ 20 %), le commerce (+ 18 %) et l’agriculture (+ 16%). L’hébergement/restauration est à 11 %…  Le transport entreposage, le commerce automobile l’information/communication souffrent aussi beaucoup. » 

Pour Allianz Trade spécialiste de l’assurance-crédit entreprise cette variation « reflète à la fois la normalisation qui était attendue depuis les niveaux artificiellement » bas de 2020-2021, et la persistance de faibles fondamentaux du risque crédit qui testent la résilience des entreprises déjà mises à mal par la succession des crises. » avec de nombreux « défis à affronter pour les entreprises  (faiblesse du cycle conjoncturel, fin/remboursement des aides, incertitudes fiscales, politiques et géopolitiques. » Cependant  » 3 secteurs échappent à la hausse prolongée des défaillances : le commerce de détail, l’ensemble finance/immobilier et la construction secteur toutefois toujours le plus sinistré avec 21 % des faillites« .

Quant à Paris, la ville est touchée certes par ce défaillances d’entreprises comme le reste du pays. Cependant on ne peut éluder les conséquences sur l’activité en générale, qu’il s’agisse de commerçants, d’artisans et d’entreprises diverses, des décisions municipales touchant la circulation automobile (interdictions, ZTL, piétonnisation, sens unique, embouteillages, travaux permanents…) qui ont eu une incidence directe certaine  bien que non mesurable sur l’activité  des agents économiques.  Un volet important à méditer par les candidats aux prochaines élections  municipales et au futurs élus qui par leur décisions seront comptables de l’activité économique de la capitale qui ne doit pas se limiter uniquement aux bars restaurants et activités liées à la fête!

 

Sources : Note Allianz Trade (notamment l’histogramme illustrant l’article) 22 01 2026. La Tribune. La Banque de France

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *