Interviewé par le Figaro (édition du 11 mai 2026), Emmanuel Grégoire précise plusieurs orientations auxquelles il tient, parmi lesquelles, s’insurgeant que lui soit reproché qu’il n’y ait pas d’adjoint en charge du patrimoine, « le droit au beau » pour Paris. En quoi consiste le « droit au beau » pour ce dernier ? C’est d’abord la désignation d’un « délégué général au design et à l’esthétique« … »chargé de décliner mon plan (NDLR: celui du Maire) pour un droit au beau dans tous les quartiers de Paris » (voir l’annonce de recrutement où figure la fiche de poste). Selon l’interviewé, le « beau « , qui sera donc dans le giron du délégué en cours de recrutement, semble passer par « la cohérence esthétique et fonctionnelle de l’espace public…« .
Il est précisé que le poste de ce futur délégué est différent de celui de « conseillère déléguée chargée du Patrimoine, auprès de l’adjoint au Maire chargé de l’urbanisme et de l’architecture. » confiée à Dominique Kielemoës, ancienne d professeur d’histoire-géographie, élue du XIe arrondissement depuis 2006 où elle était « déléguée à l’égalité aux droits et à l’économie sociale et solidaire« .
Cette précision étant apportée, nous retenons des déclarations du Maire que « l’entretien et l’aménagement de l’espace public sont un sujet primordial » , « nous allons poursuivre les transformations engagées notamment en matière d’adaptation au changement climatique »…, « nous allons améliorer considérablement la qualité d’exécution, l’entretien et le cadre de vie général »…, »renforcer le rôle des maires d’arrondissement dans les politiques d’aménagement de proximité »…, « je veux protéger patrimonialement Paris… », « Je souhaite affirmer mon exigence de propreté de désencombrement et de confort. En particulier une attention accrue aux trottoirs, aux chantiers, aux terrasses et aux incivilités du quotidien. Nous présenterons un plan d’action en 1000 points… » On apprend a enfin que l’outil le plus puissant pour protéger le patrimoine ce sont » les règles d’urbanisme …c’est le plan climatique d’urbanisme…on ne va pas le reprendre. Il est extrêmement protecteur en matière d’urbanisme. » Ainsi « une attention accrue sera portée aux façades, aux sols, au mobilier historique, aux ponts…aux autres ouvrages d’art … au patrimoine ordinaire et à tous les éléments qui font l’identité de Paris. » Et de conclure par cette phrase qui espérons le ne restera pas sans conséquence spectaculaire… « le patrimoine est tellement important que j’ai l’intention de m’en saisir moi-même.«
Aprés ces déclarations et le verbatim que nous avons repris, sommes nous rassurés pour autant ? Ce seront les faits qui nous apporteront la réponse. Aprés une telle déclaration où il est même question « d’agilité » à l’instar du vocabulaire employé par nombre de chefs d’entreprise pour dynamiser leurs troupes, nous attendons avec impatience les résultats effectifs sur le terrain, le meilleur juge de paix qui soit. On peut néanmoins déjà regretté qu’il ne soit pas question dans toutes ces annonces de la participation des habitants aux réflexions, apports d’idées, suggestions et décisions, alors qu’ils sont les premiers concernés. Ne retombons pas dans les travers des anciennes mandatures où la concertation, pourtant affichée haut et fort dans les discours, n’était en réalité qu’un vain mot au plan pratique.
