Eugène Adget voir Paris

La Fondation Cartier Bresson, en lien avec le musée Carnavalet, présente jusqu’au 15 août une exposition consacrée au photographe Eugène Adget  né en 1857, dont les photographies figurent dans les collections de nombreux musées français, en particulier au musée Carnavalet , à la Bibliothèque historique de Paris et à la Bibliothèque nationale, mais aussi étrangers, le Moma de New-York. Ses clichés sur Paris sont célèbres car il s ont figé la capitale d’autrefois, le vieux Paris comme la photographie qui illustre cet article dénommée « Vieille maison, 6, rue de Fourcy, IVe » datant de 1910.  Avant de devenir photographe Eugène Adget, autodidacte, a exercé plusieurs métiers dont celui de marin et fait du théâtre, il s’est ensuite essayé dans les « documents pour artistes ».

C’est vers 1897-1898 qu’il commence à photographier Paris de manière systématique, la commission du Vieux Paris lui ayant commandé les séries du Paris pittoresque, L’art dans le vieux Paris, Environs… Il saisit alors « la topographie d’une ville qui change. Petits métiers, étalages, cours d’immeubles, heurtoirs, charrettes, ruelles, cafés, chiffonniers de la zone, jardins urbains, parcs à demi abandonnés, quais de la Seine… Atget procède de manière méthodique, progressant par arrondissements et quartiers, comme en témoignent ses carnets… Des milliers d’images destinées aux bibliothèques et aux musées.  Sa célèbre série de clichés du Vieux Paris fait suite à une commande de la Bibliothèque historique de la ville de Paris en 1906 consciente que ce Paris traditionnel en pleine rénovation étant en train de disparaitre. Durant 30 ans il a excellé dans son art,  » des rues souvent désertes, des façades impénétrables, des fenêtres ouvertes sur de sombres intérieurs : le monde est comme endormi, il y a peu d’habitants, qui apparaissent tels des spectres derrière leur fenêtre. L’absence humaine dramatise le réelAtget se qualifie d’auteur-éditeur: sa maîtrise absolue du cadrage, son attention aux lignes des bâtiments, aux détails inattendus, aux choses abandonnées élaborent un univers singulier. Chez Atget, la photographie est réduite à elle-même, elle n’a aucun apprêt. »

Son travail a fasciné les surréalistes qui ont grandement facilité la diffusion de ses clichés aux États-Unis. Les 190 clichés présentés par la fondation  Cartier Bresson proviennent des 9 000 clichés  de la collection du musée Carnavalet

Adget s’est éteint en 1927, dans la misère. A la fin de sa vie, il  « s’intéresse aux parcs des environs de Paris, aux bords de Seine dans le brouillard, aux arbres dénudés l’hiver qui se reflètent dans l’eau, aux ombres. Dans ces images particulièrement poétiques, voire mélancoliques, il attache un soin extrême à la lumière.« 

Une exposition à ne pas manquer.

 

79 rue des Archives-  mardi au dimanche de 11h00 à 19h00

Un catalogue de l’exposition (« Voir Paris, Atget », coédité par le Musée Carnavalet, la fondation Cartier-Bresson et Atelier EXB) a été édité à cette occasion.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.