Les salles de shoot sont-elles vraiment la solution ?

Le cannabis a d’importants effets négatifs sur la santé. La France détient le record du plus grand nombre de consommateurs (5 millions de consommateurs de cannabis et 1 million de cocaïne) (*). Les récents événements avec la mort d’un jeune à Marseille viennent de conduire le gouvernement à décider de consacrer 2 milliards d’€ à la lutte contre le narco trafic. Toutes les solutions ont été tentées dans des pays proches pour essayer d’endiguer le phénomène. Interdiction, réglementation, dérégulation, dépénalisation, vente libre… mais rien n’y fait. Ainsi quand un produit est aussi dangereux pour la santé, libérer la consommation n’est pas une solution comme le montre par exemple l’alcool ou les pays qui ont libéré le marché du cannabis ainsi que l’a fait le Portugal depuis 2001. D’ailleurs que reflète l’explosion de la consommation sinon, ce qu’appellent les spécialistes, « un effondrement psychique » ! Les débats sur cette question portent tour à tour sur des raisons sociales, économiques et culturelles.

60 pays ont dépénalisé ou légalisé la consommation parmi les premiers ont trouve l’Uruguay, le Canada et depuis l’an passé l’Allemagne mais avec des règles spécifiques notamment concernant les mineurs et aussi sur le nombre de pieds de cette plante (3  maximum) que chacun peut cultiver pour sa propre consommation. Au Portugal l’approche est spécifique puisque tout consommateur est considéré comme un malade (est-ce la bonne analyse?), il est de la sorte suivi avec le souci qu’il ne se « désocialise » pas.  Autres enseignements depuis cette libéralisation, la consommation n’a pas changé ni au Portugal, ni au Canada où le marché noir subsiste notamment chez les jeunes pour lesquels la réglementation est plus contraignante.

Pour certains l’examen de la situation montre que la « désocialisation » pousse d’ailleurs à plus de consommation de drogue. Et la pénalisation n’interdit pas le trafic. Mais la question no 1 reste le consommateur, puisque sans consommateur il n’y aurait plus de narcotrafic. Quid de la répression ? Amendes, peines de prison…? Certains pays sont très répressifs (Indonésie, Vietnam…). Faut-il, à l’instar de ces pays que les sanctions en France soient aussi massives ?


A l’approche des élections municipales certains candidats, à Paris en particulier, font valoir que les salles de shoot (ou HSA:  Halte Soins Addictions), voir photo illustrant l’article, sont un des moyens de mieux encadrer la consommation et de la réguler. Solution qui fait débat bien entendu ! Multiplier les salles est une sorte de demi mesure qui n’a pas fait ses preuves jusqu’à présent pour limiter la consommation. Elle ne règle rien sur ce plan. Elle coûte à la société qu’elle gangrène (troubles de santé mentale, neurologiques et autres, accidents de la route, risques sanitaires…),elle réduit l’espérance de vie, elle désocialise, déscolarise, isole et crée un phénomène de rejet dans tout le voisinage qui craint l’insécurité. Enfin elle favorise les détournements de capitaux, déstabilise l’économie  Plutôt que de traiter les conséquences de cette déferlante de cannabis, ne faudrait-il pas plutôt prendre le mal à la racine et mener la guerre contre les consommateurs et sanctionner les pays pourtant connus qui produisent ces stupéfiants ? Il faut pour cela du courage, de la tempérance, résister, agir de concert avec d’autres et être soutenu. Ce n’est a priori pas le cas pour le moment. On préfère les opérations ponctuelles, les propositions déconnectées de la réalité et agir de façon petit bras. Nous sommes malheureusement bien loin de la coupe aux lèvres, y compris en annonçant le déploiement de nouvelles salles de shoot qui ne constitue qu’une fuite en avant !

 

(*) Données estimées de 2024 par la commission d’enquête sur l’impact du narcotrafic en France. 

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