Le Commerce parisien à la peine

Selon plusieurs articles de presse qui fondent leur analyse sur les déclarations de la FACAP (Fédération des  associations de commerçants et d’artisans parisiens) (*) et une étude menée par l’Alliance du commerce qui regroupe 27 000 magasins adhérents,  la capitale ne retrouve pas son niveau d’activité commerciale  d’avant la crise contrairement au reste du pays.  Ainsi le chiffre d’affaires serait 21% en deçà du niveau atteint en 2019, le secteur de l’habillement étant particulièrement touché. Or il sert souvent de référence quant à la santé du commerce parisien. 1 200  commerces ont déjà disparu résultat de la pandémie mais aussi de la crise des gilets jaunes et des grèves qui l’ont précédée. Et lorsque les aides de l’Etat cesseront, la situation  risque fort de s’aggraver.

Les raisons avancées pour ce décalage par rapport à la province sont d’abord l’absence chronique de touristes internationaux qui ne sont pas au rendez-vous et explique que les quartiers les plus visités soient trés touchés comme les Champs Elysées (- 39%) ou notre arrondissement (- 21% rue de Rivoli et – 25% dans le Marais).  Mais ce qui préoccupe le plus les professionnels est la politique de mobilité menée par l’équipe municipale qui dissuade les Franciliens de venir faire leurs achats à Paris et de nouvelles restrictions sont encore annoncées. Un représentant des professionnels affirme que « Paris est devenu un repoussoir… » et selon lui « l’exécutif parisien est sourd à la souffrance des commerçants » (NDLR: excepté les bars et les restaurants objet de toute les sollicitudes municipales).  Aucune suite en effet a été donnée à la lettre ouverte, impulsée par la Confédération des commerçants de France à la Maire de Paris, adressée en octobre dernier et réclamant de revoir les plans de circulation citant notamment la fermeture de la rue de Rivoli et l’opération « Paris respire ».  Les commerçants pointent le manque de solutions alternatives de transport et déplorent le report trés net des achats dans les centres commerciaux en périphérie de la capitale. Quant aux clients, ils répugnent à passer du temps dans leur automobile et à chercher une place de stationnement.

Les professionnels suggèrent de revoir le sujet des ZTL (Zone à Trafic Limité à 30 km/h) en Commission Nationale du Débat Public, de mener les études d’impact nécessaires, de reporter la consultation à fin  2021, d’y associer un plan de relance et de mettre en œuvre au préalable un pilote sur une périmètre limité afin d’apporter toutes améliorations utiles.

Une nouvelle fois est dénoncée la pratique des décisions unilatérales qui s’affranchissent d’études préalables indispensables, sans recueillir l’avis des personnes impactées.  Une méthode de plus en plus décriée qui ne pourra pas tenir trés longtemps encore tant elle est anti démocratique.

 

(*) 40 associations sont regroupées au sein de la FACAP

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