Charvet, la maison parisienne qui a su traverser les siècles

137 ans tel est l’âge de la maison Charvet place Vendôme fondée par Joseph-Christophe Charvet (1806-1870) plus connu sous le nom de Christofle Charvet et fils du « conservateur de la garde robe de Napoléon. » A la fin de l’empire, les Charvet créèrent un fabrique de tissu à Elbeuf puis « Christofle Charvet installa à Paris la première chemiserie, pour laquelle le mot nouveau de « chemisier » fut utilisé. » les chemises étaient jus qu’alors « confectionnées à domicile par des lingères avec du tissu fourni par le client, mais dans ce magasin d’un nouveau genre, les mesures des clients, le choix des tissus et la fabrication des chemises étaient faits sur place. » La chemise évolua ainsi que sa fabrication, on parla alors de « chemise à pièce » et on « attribue à Christofle Charvet la conception originale d’un col tenant, retourné et plié, très proche des cols du XXe siècle » ainsi que « la conception du col détachable. »

Fournisseur official des membres du Jockey Club, du prince de Galles, la renommée de Charvet s’est alors vite répandue. Édouard Charvet (1842–1928) succéda à Christofle et la maison s’installa en 1877, aprés avoir investi le 103 puis le 93 de la  rue Richelieu, au 25 place Vendôme, puis en 1921 au 8. Enfin elle déménagea au 28 de la même place en 1982, dans l’hôtel Gaillard de la Bouëxière dessiné par Jules Hardouin-Mansart, où l’entreprise est toujours présente, ce qui en fait le plus ancien magasin de la place.  A noter que la maison proposa rapidement, en plus des chemises, son activité principale, des costumes, des écharpes, des cravates, des gilets, des gants, des mouchoirs et de la bonneterie (caleçons, chaussettes…) . Depuis 1965 Charvet appartient à la famille Colban (*) qui perpétue la tradition.

Qualifié de « premier fabricant de chemises de très haut de gamme à Paris », Charvet développa l’activité de trousseaux royaux, fut médaillé lors de plusieurs expositions universelles, D’illustres personnages viennent s’habiller chez Charvet (Verlaine , Proust, Zola,  Debussy, le roi Edouard VII, Alphonse XIII d’Espagne, Guitry, Paul Deschanel  et plus récemment le Général de Gaulle, John Kennedy et Gary Cooper…)   

Au 2e étage de la place Vendôme (l’immeuble en compte 6) près de 7 000 popelines de textures et de coloris différents (**) sont à disposition des clients de tous âges qui fréquentent l’adresse. Il faut en effet établir, tel une sorte de rituel, 18 mesures pour réaliser une chemise. Les chemises sont ensuite confectionnées dans les ateliers de Saint-Gaultier dans l’Indre. Pour les cravates le choix se porte sur « mille et cent…dans des soieries tissées de motifs plus singuliers les uns que les autres. » Il en est de même pour « une pochette ou un foulard dans des gammes tout aussi vastes qui rendent la sélection excessivement difficile. » Charvet emploi 110 personnes.

La maison Charvet avec son aspect suranné est une sorte de caverne d’Aliba assez unique qui mérite d’être visitée. 

(*) Sont aux manettes les enfants de Denis Colban. « Négociant en tissus du Royaume-Uni au début des années 1960, ce dernier avait été sollicité, en marge d’une commission au ministère de l’Industrie portant sur les quotas d’importation, afin de trouver un repreneur français au «chemisier du général de Gaulle» qui se trouvait face à une succession familiale difficile et était en passe d’être racheté par un grand magasin américain. »»

(**) Des liens ont été noués « avec des artisans indiens pour développer des modes exclusifs de filature, teinture et tissage pour des soieries. »

Sources:  Wikipédia,  Le Figaro des 06 févier 2015, 31 janvier et 23 novembre 2025

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