L’écriture inclusive municipale mémorielle validée par le Conseil d’Etat

Deux articles de ce blog ont été consacrés à la question de l’emploi de l’écriture inclusive, l’un du 06 février 2023 intitulé « Les Parisiens n’ont demandé à se voir imposer l’écriture inclusive dans les communications municipales« , l’autre du 21 juillet 2025  portant sur « Les dernières publications reçues des élus de Paris Centre, prémisses des prochaines élections municipales« . Le sujet revient sur le devant de la scène à la suite d’une décision du Conseil d’Etat qui plébiscite l’emploi de l’écriture inclusive par la mairie de Paris sur les plaques commémoratives d’anciens élus installées dans le couloirs de l’hôtel de ville.  En 2021 en effet; la Maire de Paris avait fait changer des plaques existantes où apparaissent dorénavant les mots « Président.e.s » et « Conseillèr.e.s » en lieu et place de « Présidents » et « Conseillers ». Plaques qui rappellent les noms des élus qui ont effectué plus de 25 ans de mandat.

A la suite de ce constat, l’association Francophonie Avenir (Afrav) qui défend la langue française a saisi la justice.  L’épilogue vient d’être connu en ce début d’année, la juridiction valide l’utilisation de l’écriture inclusive accentuant la cacophonie et la complexité autour de notre langue qui perd de son importance, de son influence et que bien de nos contemporains ne savent même plus manier avec aisance. Une situation affligeante qui va brouiller encore plus la bonne utilisation du français déjà bien malmené.  Certes la mairie s’est défendue en rappelant que la décision, de changer ces plaques qui représente un certain coût (18 609 € tout de même!) avait été délibérée et adoptée en conseil de Paris en 2017. Elle ne voyait donc pas l’utilité d’ester en justice sur la question de l’emploi de l’écriture inclusive?

L’Afrav de son côté estimait que l’emploi de cette écriture était politique et allait à l’encontre de la neutralité du service public. Le tribunal administratif de Paris, puis la cour administrative d’appel de Paris et enfin le Conseil d’Etat ont donc décidé de valider l’emploi de cette écriture et débouté l’association requérante.  Ainsi la cour a estimé que  » l’usage d’une forme abrégée dans l’intitulé d’un titre ou d’une fonction visant à faire apparaître sa forme féminine, que ce soit au moyen de tirets, de parenthèses ou de points , ne saurait, à lui seul, être regardé comme une prise de position politique ou idéologique. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du principe de neutralité du service public doit également être écarté… »  Pourtant, sur ce thème, des décisions ou orientations toutes autres ont été prises en 2023,que ce soit le Sénat qui a travaillé sur un projet de loi, adopté en 1ère lecture ou le tribunal administratif de Grenoble qui a annulé une délibération du conseil d’administration de l’université Grenoble Alpes. En 2017 déjà une circulaire du premier ministre proscrivait l’utilisation de l’écriture inclusive (le Conseil d’Etat avait d’ailleurs rejeté un recours contre celle-ci) et l’Académie française a fait savoir plusieurs fois son opposition à l’utilisation de cette écriture.

Que va t’il se passer désormais puisqu’ avec cette jurisprudence les vannes sont ouvertes pour l’emploi à tout crin de l’écriture inclusive qui ne fera que disqualifier notre langue et embrouillera les jeunes et moins jeunes qui rencontrent des difficultés dans son usage ? A quand d’ailleurs, pendant que nous y sommes, l’utilisation du langage parlé inclusif…!? Tout cela est bien navrant, ridicule et abaisse davantage encore  le niveau de connaissance souvent bien bas des subtilités de notre langue. Préparons  nous donc, a recevoir de plus en plus de messages, de documents municipaux ainsi que des affiches entièrement rédigés en langue inclusive, d’autant plus que la période pré électorale dans laquelle nous sommes déjà va s’y prêter à merveille.

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