La hausse des tarifs des musées pour les non européens est-elle une bonne décision ?

À compter de cette semaine les touristes hors Espace économique européen (Union européenne + Islande, Liechtenstein et Norvège) qui visitent la France et en particulier Paris doivent s’acquitter d’un prix majoré du billet pour visiter le Louvre (32€, soit plus 45%). Il en sera de même pour les châteaux de Chambord et de Versailles (+ 3€) dont les tarifs sont désormais différenciés. La Sainte Chapelle, la Conciergerie et l’Opéra Garnier devraient eux aussi leur emboîter le pas. Une façon selon la ministre de la culture de « financer la rénovation du patrimoine national. Les Français n’ont pas vocation à payer tout, tout seuls ». Peu de musées ou de lieux visités en Europe et dans le monde (excepté le Met de New York et certains sites en Amérique du Sud) appliquent un tel système. On constate plutôt la gratuité ou plus généralement un prix unique.

Avec cette majoration, l’Etat exsangue sur le plan financier, compte engranger 20 à 30 millions d’€ qui participeront dans un premier temps au financement du projet de rénovation du Louvre dénommé « Louvre nouvelle renaissance », projet dont le coût total est estimé à 1 milliard d’€… soit 50 années de recettes supplémentaires…! Projet qui ne semble pas abandonné malgré les constats fâcheux sur l’état du musée et des besoins d’investissements significatifs destinés à renforcer la sécurité après le vol de bijoux. Ne craint-on pas avec une telle hausse du prix du billet une désaffection plutôt qu’une hausse du nombre de visiteurs comme le projettent pourtant les pouvoirs publics et la direction du Louvre? Les syndicats qui ont fait part d’un certain nombre de revendications ces dernières semaines ont demandé de ne pas mettre en œuvre cette revalorisation du billet pour les extra européens. Ils estiment cette politique « choquante philosophiquement, socialement, humainement« .
 

Les besoins pour notre patrimoine nous déclare t-on sont gigantesques et ceux du Louvre qui n’est pas le seul grand musée concerné, tout autant. Il faut trouver des revenus et des financements pour les entretenir. Le Conseil international des musées (Icom), une organisation représentée dans 139 pays, a fait savoir après cette décision du Louvre qu’il fallait effectivement trouver des revenus pour maintenir en bon état de tels biens tout en parvenant à conjuguer « accessibilité et viabilité » ce qui n’est pas évident.

Il faudra bien entendu suivre l’évolution de la fréquentation du Louvre et des monuments concernés à l’aune de cette nouvelle tarification.

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