Les élections municipales donnent lieu à bien des conjectures avec un mode électoral modifié. Chacun des candidats fait des annonces qui ne paraissent pas toujours applicables ou tout le moins difficilement, mais c’est la course à l’échalote. Les surenchères entre candidats vont bon train avec souvent un oubli important, à quel coût et avec quel financement ?

Si le logement social ne fait pas l’unanimité chez les candidats malgré les besoins de logements c’est bien parce que le coût est conséquent alors que Paris est déjà à un niveau élevé d’habitations de ce type, avec parallèlement un fort endettement dont une partie d’emprunts à longue durée (jusqu’à 65 ans, nous avons à plusieurs reprises déjà attiré l’attention sur ce point). La ville faisant partie des villes très endettées.

Sur la circulation, les annonces sont très diverses. Maintien de la situation actuelle en l’amplifiant (moins de voitures, plus de bicyclettes, davantage de voies cyclables et de voies piétonnes dont des prolongements des voies sur berges ) pour ceux qui sont à l’origine de la situation actuelle. En revanche, pour d’autres candidats, il faut agir, revoir le plan de circulation, arrêter de supprimer des places de stationnement et de cette façon faire revenir les clients dans les commerces, faciliter aussi l’accès des artisans chez leurs clients parisiens car beaucoup ne veulent plus intervenir dans la capitale car jugée trop compliqué et coûteux. Les espaces verts font l’objet de propositions excessives allant de 1000 nouvelles rues rendues piétonnes à 10 grands axes transformés en promenades urbaines, voire une ceinture verte entourant toute la ville.

Plutôt que de telles fuites en avant, ne faudrait-il pas plutôt se pencher sur l’existant, l’entretenir,  le rendre plus beau et éviter que tout cela devienne ensuite des endroits sales et laissés à l’abandon accentuant la perception de malpropreté qui écorne l’image de Paris ?

En matière de finances les choix sont souvent diamétralement opposés. Il faut pour les uns faire des économies et réduire certaines dépenses (les subventions aux associations, le train de vie de la commune) voire vendre des biens immobiliers, réduire aussi le personnel communal et restituer de l’argent aux Parisiens étranglés par la hausse vertigineuse de la taxe foncière. D’autres candidats préconisent le tout gratuit (cantine, crèche, logement, services divers…) et de nouveaux recrutements de personnels.

Tous les candidats ont été sensibilisés aux nuisances liées au bruit souvent lié à la multiplication démagogique des terrasses. Ils ont conscience que c’est un problème et annoncent pour beaucoup vouloir réguler le bruit. Mais n’est ce pas un vœu pieux ?

Sur la santé (créer des maisons de santé, mettre en place un plan grand chaud …), les étudiants (davantage les aider à se loger et à se soigner…), le scolaire (rénover les locaux), le périscolaire (bien mis à mal), le social (davantage de crèches mais le nombre de naissances plonge et faciliter l’obtention de prêts à taux zéro…), l’urbanisme, la sécurité (plus de policiers et de caméras), le tourisme (pour les uns il est à revoir et à mieux repartir, mais pour les autres à développer toujours plus…), le commerce (en lien avec les restrictions trop nombreuses de circulation…), la culture, le patrimoine (notamment religieux, parent pauvre de la ville…), le sport, la mobilité (ouvrir le métro 24h sur 24…), la propreté (création de brigades spéciales, privatiser la collecte des ordures, lutter contre les rats…).

Au final tous les thèmes sont abordés avec des solutions variables et contradictoires. Mais les électeurs ne sont pas naïfs, entre ce qui est annoncé et ce qui sera mis en œuvre par les élus, il y a comme après chaque élection un fossé considérable. À suivre…