Paris n’est plus Paris

Dans une tribune certes politique en prévision des élections municipales parue sur Le Figaro du 4 décembre dernier, la conseillère de Paris Aurélie Pirillo du groupe Les Républicains centristes indépendants fustige les équipes municipales qui se sont succédées depuis près de 20 ans d’avoir enlaidi Paris.
Citant tout à tour l’harmonie qui a prévalu par la passé dans le mobilier urbain avec appel à des artistes de renom  (Hector Guimard, Gabriel Davioud, Charles Adolphe Alphand, Jean-Camille Formigé) qui ont donné … « cette élégance tranquille que le monde entier nous envie. » Aurélie Pirillo résume « La ville formait un ensemble : une phrase, une pensée, une idée ». Mais ces dernières années patatras « … mobilier anonyme, coin de rue encombré… le génie se retire quand l’indifférence s’installe… Paris a subi un enlaidissement que rien ne justifie et que tout dénonce? » décrit l’élue pour qui  l’équipe en place a « substitué à la cohérence un patchwork sans logique … » et d’ énumérer les « Abribus massifs… des poubelles de plastique gris…des banquettes de béton, des mâts d’éclairage sans grâce, des pavés qui s’effacent devant les dalles uniformes… les kiosques à journaux  remplacés par des cubes standardisés« . Pour la rédactrice de l’article le plus triste dans ce constat est que Paris perd non seulement « du charme »  mais « une part de sa mémoire. » Et de proposer « un projet inscrit dans le temps pour réparer les blessures, retrouver les symboles, redonner à  Paris sa mesure et son éclat…« 
Au-delà du contexte électoral pouvant justifier ce type d’article, le fait que Paris a beaucoup perdu de sa superbe en raison des décisions souvent dogmatiques confondantes et non concertées prises par l’équipe en place est incontestable. La conseillère citée plus haut n’a pas indiqué les bancs « mikado » installés ici et là qui n’étaient que de vulgaires traverses de chemin de fer recyclées empilées (place de la République, devant l’Hôtel de ville…) (voir photo illustrant l’article), les entourages des arbres transformés en petites friches sales et abandonnées entourées de pourtours  faits de bric et de broc comme le sont souvent les jardins partagés très laids. Quid aussi de ces caissons destinés à éviter les vols de bicyclettes ou ces énormes containers de tri dits Trilib, sans oublier nombre de terrasses éphémères bas de gamme… ?
Au-delà du contexte électoral, il ne faut pas être grand clerc pour affirmer effectivement qu’au fil de ces dernières années, le disgracieux et le banal ont pris le pas sur le beau et l’harmonieux. Une dichotomie s’est ainsi créée entre le passé et le présent amplifiée notamment par la malpropreté, les tags et l’affichage sauvage.  Sous prétexte de verdissement, d’écologie, de protection de la planète et du rejet du passé, combien de décisions prises ont eu pour conséquence de dégrader la beauté de Paris que le monde nous envie pourtant et qui devrait, comme le suggèrent certains, être plus que jamais protégée. Il s’agit d’un capital immense à nul autre pareil acquis au fil de l’histoire qui appartient à tous les  Français. Aucune cause, quelle qu’elle soit, ne doit l’avilir.
Il faut noter que face à la polémique consécutive à l’action du mouvement #SaccageParis les élus ont reconsidéré certaines de leurs décisions mais les corrections annoncées à grand renfort publicité sont restées dans les faits bien trop timides. 

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