La chaire à prêcher de l’église des Blancs Manteaux : une splendeur

L’église des Blancs Manteaux abrite une merveille, sa chaire. Je suis souvent étonné que les passants pour la plupart des touristes qui s’intéressent au quartier ne sachent pas qu’il s’agit d’une pièce unique qu’il ne faut à aucun prix manquer. Toute en chêne, recouverte de marqueterie de buis, d’ivoire teint en vert et d’étain, les scènes encadrées de rehauts de bois doré sont tirées de la Bible. On les trouve sur la cuve, la rampe et le dosseret. À noter que des textes sont repris dans des cartouches illustrant ainsi les différentes scènes. Il est difficile de distinguer ce qui se trouve su l’abat voix lui-même.  Précision, finesse, grande maîtrise et minutie caractérisent ce chef d’œuvre date de 1749 et classé monument historique.
D’abord expertisé comme un travail hollandais, il s’est avéré que la chaire était plutôt de type art baroque-rococo du nord de la Bavière (région de Wurzburg).  Elle fut acquise par le curé de la paroisse, l’abbé Charles-Félix Garenne (1831-1878) (*) qui avait un goût certain à l’exposition de l’art et de l’industrie qui s’est tenue à Paris en 1864. Si le prêtre a payée cet achat de sa poche, la restauration a été prise en charge par la fabrique c’est-à-dire un conseil réunissant plusieurs personnes gérant les finances de la paroisse. 
L’abat voix est surmonté de Saint-Michel terrassant le démon tout en bois doré et dans sa partie basse sont représentés les statues des 4 évangélistes.
L’harmonie des formes, les couleurs contrastées, la délicatesse de l’exécution font de cette chaire une pièce unique à Paris qu’il faut voir et examiner dans le détail.
(*) C’est à ce prêtre que l’église des Blancs Manteaux doit aussi les balustres d’époque Louis XIV qui ferment le chœur. Ils proviennent du château de Bercy. A noter aussi qu’au XIXe l’église a reçu un nouveau portail sud  (côté rue des Blancs Manteaux) installé par Baltard et provenant de l’église Saint-Eloi des Barnabites démolie lors des travaux d’Haussmann pour percer le boulevard du Palais sur l’Ile de la Cité. Cette façade est l’œuvre de l’architecte Jean-Sylvain Cartaud (1675-1758) qui a travaillé sur Notre-Dame des Victoires, Saint-Roch et Saint-Eustache  et travailla pour les familles d’Orléans et d’Argenson.

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