Une nouvelle création de la mairie de Paris : la brigade de protection du logement

Empêtrés par le manque de logements alors qu’ils ont favorisé les locations saisonnières, position sur laquelle « l’ancienne équipe municipale » a dû, un peu tard, faire marche arrière, les élus parisiens n’arrêtent pas depuis lors d’ajuter les règles et d’en ajouter de nouvelles au mille feuille existant. Au risque de rendre le marché immobilier de al capitale de plus en plus illiquide et d’en faire un secteur réglementé quasi paralysé aux mains d’une municipalité qui n’a jamais réussi en ce de domaine, sinon à tenter de « nationaliser » ce marché afin de l’arracher aux griffes des « capitalistes » et spéculateurs que sont les propriétaires privés. Tout un programme dont la nouveauté la plus récente est la création de « la brigade de protection du logement » un nom sensé être vendeur auprès des personnes qui connaissent des difficultés pour se loger.  En quoi cela consiste t’elle sachant que tous les détails ne sont pas encore connus ?

Si nous nous fondons sur les explications figurant dans le « Bulletin des communes » du 15 avril, il ressort que cette brigade fait partie d’un dispositif qu’il sera possible de saisir prochainement en ligne afin de « mieux encadrer le marché immobilier parisien, et surtout, à protéger les locataires. »  Les explications données visent à lutter contre la spéculation immobilière, notamment via les locations touristiques illégales et les logements vacants et veiller au respect de l’encadrement des loyers et ses plafonds. « Des mesures sont prévues pour mieux protéger les locataires, y compris contre les fraudes et pour faciliter l’accès à une assurance habitation. » Bien entendu tout cela « …s’inscrit dans une démarche plus large de transformation du parc immobilier parisien, incluant la création de logements sociaux et l’aide à la rénovation« .

On nous annonce donc le contrôle renforcé des meublés touristiques, la lutte contre les logements vacants et la surveillance des « maxi propriétaires » qui seront plus particulièrement dans le viseur municipal.

Pour ce qui est du contrôle des loyers  les annonces « la brigade examinera les offres de location pour s’assurer qu’elles ne dépassent pas les plafonds légaux, les propriétaires qui ne respectent pas les barèmes de loyer s’exposent à des sanctions« . On ne sait pas lesquelles ? On retrouve aussi dans ces contrôles, « la lutte contre les marchands de sommeil« , un sujet ancien.  « La brigade aidera les locataires à récupérer les sommes indûment versées, améliorant ainsi leur pouvoir d’achat. »

Il en sera donc fini avec ces mesures, des « hôtels pour touristes « . Ils vont être « traqués ».  » L’idée est que seuls les logements loués moins de 90 jours par an, et qui sont des résidences principales, puissent être proposés sur ces plateformes. » Rien ne nouveau sur ce plan, sauf à considérer qu’il y avait du laxisme et que la nouvelle ex équipe municipale s’intéresse véritablement au sujet avec la volonté d’en faire la publicité dans le cadre des 100 premiers jours du nouveau Maire…?

Plus inquiétante est la mesure touchant les libertés individuelles lorsqu’il s’agit des logements dits vacants.  « La brigade va s’attaquer à ce problème. Elle cherchera à comprendre pourquoi ces logements sont vides et proposera des solutions, qui pourraient aller jusqu’à la réquisition temporaire si les propriétaires ne font rien. L’objectif est de remettre ces logements sur le marché, que ce soit pour la location ou pour d’autres usages qui profitent à la ville. Les résidences secondaires qui ne sont pas utilisées une bonne partie de l’année seront aussi dans le viseur. » A l’usage il sera intéressant de suivre l’application de cette mesure digne de ce que firent les régimes d’Europe de l’Est qui n’ont pas hésité à créer des appartements communautaires. On nous annonce le doublement des taxes existantes une façon de montrer combien cette addiction aux impôts et autres taxes reste prégnante avec le besoin de contrôle étendu en sus.

Il est illusoire de « vouloir équilibrer le marché immobilier parisien par des mesures contraignantes« . Cela risque même de provoquer l’inverse du but recherché. Il faudrait plutôt se demander pourquoi Paris s’est vidé de ses ouvriers, artisans et autres employés (voir notre article du 1er avril dernier Evolution de la typologie de la population parisienne).

Toujours dans le but de soutenir et défendre les locataires, la ville va lancer « une assurance habitation municipale. Elle sera proposée suite à un appel d’offres, histoire d’avoir des tarifs intéressants », et pour « faciliter l’accès au logement et rassurer les propriétaires, une garantie municipale des loyers va voir le jour (les propriétaires qui mettent leur bien en location longue durée auront une protection contre les impayés de loyer ou les dégradations…). »  Il est question de créer « 60 000 nouveaux logements dans les prochaines années. Ça inclut à la fois des logements sociaux, pour ceux qui en ont le plus besoin, et des logements abordables, pour que les classes moyennes ne soient pas oubliées. On veut aussi que ces nouveaux logements soient mieux répartis dans la ville, pas juste concentrés dans certains quartiers. Et puis, il y a cette idée de transformer des bureaux vides en appartements, histoire de réutiliser l’espace intelligemment. » Délaissées en matière d’offre de logements, les classes moyennes devraient enfin entrer dans le scope municipal. Quant aux logements sociaux nous avons évoqué à maintes reprises cette question, Paris n’a pas vocation à être une ville avec un parc de logements sociaux démesuré dédevenus majoritaires auxquels s’ajoutent ne foultitude de terrasses de bars et de restaurants et où la bicyclette est reine…. Et puis il y a aussi à prendre en compte le coûteux entretien et la mise aux nomes énergétiques du parc de logements sociaux existant (35 000 concernés) dans un contexte où l’endettement de la ville ne peut croître à l’infini alors qu’il est déjà très élevé avec des prêts à long terme pouvant aller jusqu’à 65 ans, c’est-à-dire qui sont et seront supportés par plusieurs générations ! Cela d’autant que la ville  » veut soutenir la rénovation des logements privés avec des aides pour améliorer leur performance énergétique » et veut « même tester une sorte d’avance remboursable pour les travaux, qui sera récupérée plus tard, par exemple lors de la vente du bien…« 

Les personnes âgées les personnes handicapées et les étudiants devraient être favorisés et bénéficier d’aides dans le cadre des mesures annoncées.

Un programme, aprés l’effet actuel d’annonce présent, dont il faudra suivre l’application et ses conséquences, notamment au plan de l’endettement.

Sources Le Bulletin des communes du 15 04 2026

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