La transformation de la Halle au blé devenue Bourse de commerce

C’est à l’été 2016 qu’un accord a été passé entre François Pinault et la mairie de Paris pour présenter de façon permanente dans le site de la Bourse de Commerce l’importante collection de 3 500 œuvres d’art contemporain de ce dernier. Les travaux de transformation ont été confiés à l’architecte japonais Tadao Ando à qui l’on doit les réhabilitations du Palazzo Grassi et de la Pointe de la Douane à Venise, lieux abritant deux autres antennes de la collection.

Il ressort que l’originalité de ces travaux repose sur une pièce maîtresse, un cylindre de béton (9 m de haut et 30 m de diamètre) inséré dans la rotonde à arcades du bâtiment. Ce seront donc 7.700 m2 d’espaces qui seront accessibles au public dont 3.000 m2 de surface d’exposition pouvant accueillir jusqu’à 2.000 personnes. L’ouverture est annoncée début 2019.

Le bâtiment de la Bourse de commerce devenue propriété de la ville de Paris a été concédée par celle-ci pour 50 ans à la Fondation Pinault. Datant des XVIIIe et XIXe siècles, l’ensemble de forme circulaire présente un grand intérêt historique et monumental, il est classé au titre des monuments historiques depuis 1975. Sa coupole métallique qui a recouvert la cour, auparavant ouverte, surmonte de grandes peintures murales sur l’histoire du commerce peintes par des artistes de la IIIe République, Langée, Luminais, Lucas et Clairin. Tout cet ensemble sera restauré de même que les façades. Le cadran solaire et la fontaine de la Colonne extérieure édifiée en 1574 par Côme Ruggieri à la demande de Catherine de Médicis seront remis en ordre.

La reine devint en effet propriétaire de l’Hôtel d’Albret (ex Hôtel de Soissons) en 1572 et confia son aménagement à Jean Bullant qui travailla aux châteaux d’Ecouen et de Chantilly. Le portail est de Salomon de la Brosse (auteur des façades de l’église Saint-Gervais-Saint-Protais et du parlement de Bretagne). L’ensemble fut transformé en Bourse de Paris puis vendu en 1720 pour devenir en 1763, sous la houlette de Nicolas de Mézières qui a conçu l’Hôtel Beauvau, la Halle au blé avec ses 2 galeries concentriques en anneau, ses 24 arcades et un vaste grenier voûté. Anéanti par le feu, François Bélanger, secondé par Hittorff opta pour une armature en fer de la charpente lors de la reconstruction. Après un nouvel incendie et des travaux entrepris par Henri Blondel, le bâtiment passa aux mains de la Chambre de commerce en 1885 qui s’y installa jusqu’à la vente, 131 ans plus tard, à la Ville de Paris.

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