Les préconisations de l’Inserm pour réduire le fléau de l’alcool

Sous la plume de Florence Rosier, un article du journal Le Monde daté du 4 juin fait état des préconisations de l’Inserm (*) dans son étude intitulée « Réduction des dommages associés à la consommation d’alcool ». Le fléau de l’alcool, première cause d’hospitalisation dans notre pays, provoque en effet 41 000 décès (30 000 chez les hommes) par an en France. Ce « score » est le plus élevé d’Europe.  Les experts qui ont analysé des milliers de documents concluent leurs travaux en proposant une législation plus stricte (révision de la Loi Evin sur la vente d’alcool, encadrer la publicité sur internet et les réseaux sociaux et réévaluer les taxes…) et un dépistage systématique (lors d’un passage aux urgences, d’une consultation auprès du médecin traitant…). Des spécialistes préconisent «  des jours sans consommation »  (à l’exemple du Dry January) en réponse à une consommation moyenne de près de trois verres par jour et par adulte dans notre pays.

L’étude souligne que 24 % des hommes et 9 % des femmes adultes ont une consommation à risque. Taux qui s’accroit  lorsqu’il s’agit des 18-35 ans  (30,7 % des hommes et 12,9 % des femmes) et des plus de 50 ans  (35 à 37 % des hommes et 13 à 14 % des femmes). Elle insiste sur le fait qu’à tout âge le “binge  drinking” (alcoolisation massive et ponctuelle) l’emporte sur la consommation chronique.

L’alcool est à l’origine « …directement ou indirectement d’une soixantaine de maladies » et la vulnérabilité  biologique est plus élevée chez les femmes. Ainsi concernant « les 41 000 décès attribuables à l’alcool, 16 000 sont liés à des cancers, 9 900 à des maladies cardio-vasculaires, 6 800 à des maladies digestives, 5 400 à une cause externe (accident ou suicide) et plus de 3 000 à une autre pathologie (maladies mentales, troubles du comportement…)« , ainsi que des troubles cognitifs.

Pour les experts les femmes enceintes ne doivent boire aucune goutte d’alcool afin de protéger l’enfant.  Il faut aussi revoir les contrôles de l’achat d’alcool par des mineurs, les plages horaires de vente, le nombre de commerces et de licences. Les plus forts consommateurs devront être orientés vers une consultation d’addictologie.

Rappelons que les coûts de santé et de prévention liés à l’alcool occasionnent 3 milliards de € de déficit des finances publiques, malgré une fiscalité déjà lourde (4 milliards d’€).

Cette expertise tombe à point nommé au moment même où la mairie de Paris vient de rendre pérennes, ce que nous supputions, les terrasses trompeusement appelées « éphémères » accordées sans limite aux bars et débits de boissons favorisant ainsi l’addiction à l’alcool, notamment chez les jeunes, les effets nocifs sur la santé et le coût pour les finances publiques.

Cette situation démontre une nouvelle fois que les forces d’attraction exercées sur nos édiles sont d’une intensité bien plus fortes que les mises en garde des spécialistes, de nos associations et les conséquences relevées par l’Inserm !

 

(*) Institut national de la santé et de la recherche scientifique, établissement public à caractère scientifique et technologique, créé en 1964, placé sous la double tutelle du ministère de la Santé et du ministère de la Recherche. Dédié à la recherche biologique, médicale et à la santé humaine, il emploie 6 500 collaborateurs. 

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